PETROLE/Fin de semaine inférieur à 70 USD - prises de bénéfices
Londres (awp/afp) - Les cours du pétrole finissaient les échanges européens sous 70 dollars vendredi, les investisseurs empochant des bénéfices après une envolée des prix à plus de 71 dollars, sur fond de violences au Nigeria et de problèmes dans le raffinage aux Etats-Unis.
A 16H00 GMT (18H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août perdait 1,11 dollar par rapport à la clôture de la veille, à 68,67 dollars, sur l'InterContinental Exchange (ICE).
Le baril de "light sweet crude" pour livraison en août cédait quant à lui 1,29 dollar, à 68,95 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
Après un pic à plus de 71 dollars en début d'échanges (71,29 dollars), les cours finissaient la semaine en baisse, pénalisés par des prises de bénéfices.
L'avancée des cours s'est ainsi essoufflée, malgré la publication de plusieurs indicateurs américains favorables, qui auraient, théoriquement, pu favoriser des achats, en relançant l'optimisme sur la demande.
L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a notamment progressé plus que prévu en juin pour retrouver son niveau de février 2008.
En début d'échanges, les cours avaient tiré profit de la poursuite des violences au Nigeria, premier exportateur de brut africain.
Le principal groupe armé dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a annoncé avoir lancé une nouvelle attaque dans la nuit de jeudi à vendredi contre une installation de forage quelques heures à peine après une offre d'amnistie présidentielle.
Les analystes estiment que la production du Nigeria, un brut prisé pour sa faible teneur en soufre et sa légèreté, est tombée sous les 1,5 mb/j, contre 1,8 mb/j avant la vague d'attaques (le 7 juin), et 2,6 mb/j il y a trois ans.
"Bien sûr, l'Opep dispose de capacités excédentaires de production suffisantes pour empêcher les événements du Nigeria de grimper jusqu'à 150 dollars le baril" mais "d'une manière ou d'une autre, les interruptions de production nigérianes devraient accélérer la baisse des stocks de pétrole doux et léger", estime Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix.
Selon lui, les prix du pétrole n'intègrent pas suffisamment la "prime de risque" liée au Nigeria.
"Il paraît peu probable que l'Opep augmente sa production pour compenser la production perdue au Nigeria, car ses membres souhaitent voir baisser le niveau des stocks", abondait Nimit Khamar, de la maison de courtage Sucden.
Des perturbations dans le raffinage aux Etats-Unis avaient contribué aussi à soutenir les prix de l'essence, entraînant indirectement ceux du brut.
Le groupe pétrolier américain ExxonMobil a fait état vendredi de "problèmes opérationnels" dans sa raffinerie de Baytown (Texas, sud), la plus grosse aux Etats-Unis, dont il évalue actuellement l'impact sur la production, selon des propos tenus à l'AFP.
Des analystes estiment toutefois que les prix du brut n'ont pas la capacité à grimper davantage, au vu de la fragilité persistante de la demande.
ds
(AWP/26 juin 2009 18h21)