"Camps pour repentis" en Afghanistan: Londres ne confirme ni ne dément
LONDRES - La Grande-Bretagne s'est refusée lundi à démentir ou confirmer des informations de presse selon lesquelles elle avait envisagé d'établir des camps pour entraîner des insurgés repentis, se bornant à réaffirmer qu'elle ne discutait pas avec les talibans en Afghanistan.
Le Financial Times (FT), s'appuyant sur des sources afghanes et occidentales à Kaboul, a écrit lundi que Londres avait planifié de fournir un entraînement militaire à 2.000 talibans qui auraient décidé de faire allégeance au gouvernement afghan.
Selon le quotidien, des documents détaillant le plan avaient été découverts lors de l'arrestation en décembre de deux diplomates occidentaux, l'Irlandais Michael Semple, numéro deux de la mission de l'Union européenne en Afghanistan, et le Britannique Mervyn Patterson, haut responsable de l'ONU dans le pays.
MM. Semple et Patterson, lequel n'aurait pas été directement impliqué dans le plan selon les sources citées par le FT, avaient été déclarés persona non grata par les autorités afghanes pour avoir "menacé la sécurité nationale" et expulsés.
"Nous travaillons très étroitement avec le gouvernement afghan pour ce qui a trait à l'entraînement des forces de sécurité en Afghanistan", a déclaré lundi Michael Ellam, le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown, interrogé sur les informations du FT.
"Nous avons toujours clairement dit que quiconque souhaitant rejoindre les forces de sécurité afghanes recevrait le même entraînement" que les militaires afghans, a ajouté M. Ellam.
"Nous ne sommes pas en discussions avec les talibans. Nous voulons chasser les talibans hors d'Afghanistan", a-t-il repris. "Mais s'il y a des miliciens qui veulent rejoindre les forces de sécurité afghanes, alors je crois que c'est quelque chose que le gouvernement afghan a dit qu'il approuverait."
Fin décembre, Gordon Brown avait affirmé qu'il n'y aurait aucun "pourparler" avec les talibans, et qu'il soutenait la stratégie de réconciliation nationale du président afghan Hamid Karzaï, qui propose aux talibans repentis d'intégrer le processus politique.
Selon le Financial Times, la découverte de ces plans concernant les camps d'entraînement pour talibans a provoqué la colère de Kaboul et explique la dégradation récente des relations entre les deux capitales.
Le président Karzaï a ainsi récemment mis son veto à la candidature du diplomate britannique Paddy Ashdown pour le poste de représentant spécial de l'ONU en Afghanistan.
Environ 7.700 soldats britanniques servent actuellement en Afghanistan, la plupart dans le sud en proie à une insurrection des talibans.
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice est attendue mercredi à Londres pour des entretiens avec son homologue britannique David Miliband sur la situation en Afghanistan.
(©AFP / 04 février 2008 19h00)