Accord Irak/Etats-Unis: aucun engagement américain à défendre l'Irak
WASHINGTON - Aucun engagement américain à défendre l'Irak ne figurera dans le nouvel accord bilatéral destiné à donner des bases légales à la présence de troupes américaines sur le sol irakien, a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates.
L'accord que les deux pays doivent commencer à négocier dans les prochaines semaines pour fixer les futures relations entre les deux pays, ne liera pas les mains du prochain président américain, a assuré M. Gates devant une commission du Congrès.
"L'accord sur le statut des forces qui est en discussion ne contiendra pas d'engagement à défendre l'Irak et ne sera pas non plus un accord-cadre stratégique", a déclaré le secrétaire à la défense, interrogé par la Commission des Forces armées du Sénat.
Une "déclaration de principes" signée en novembre dernier par le président George W. Bush et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ne comprenait pas non plus d'engagement de défense américain, a-t-il souligné.
Il s'agit de la déclaration la plus claire à ce jour d'un responsable américain sur les limites du futur accord, baptisé Status of Forces Agreement (SOFA), qui permettra de mettre en place un cadre formel légal laissant les options américaines et irakiennes ouvertes, une fois terminé le mandat de la Force multinationale sous commandement américain en Irak.
"Je pense qu'il faut qu'il y ait beaucoup d'ouverture et de transparence vis-à-vis du Congrès pendant les négociations pour que vous puissiez vous assurer vous-mêmes qu'on ne fait pas ce genre de promesse et qu'il n'y a pas de surprise", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis signent des accords de type SOFA avec tous les pays où ils souhaitent établir des bases permanentes.
Ces accords permettent de définir le statut légal des soldats américain et devant quelle juridiction ils doivent être présentés en cas de crime commis sur le sol du pays concerné, comme cela a été le cas après plusieurs affaires de viols à Okinawa, dans le sud du Japon, où se trouvent d'importantes bases militaires américaines.
M. Gates a assuré que les Etats-Unis ne cherchaient pas à implanter des bases militaires permanentes en Irak.
"Le fait est que dans toutes les réunions auxquelles j'ai participé, il a été affirmé, du président à tous les autres échelons, que nous ne voulions pas de bases permanentes en Irak", a-t-il déclaré.
L'ambassadeur d'Irak à Washington, Samir Sumaidaie, a prévenu mardi que le statut des sociétés privées de sécurité du genre de Blackwater figurerait au centre des négociations.
Ces sociétés, qui assurent la sécurité des diplomates et de nombreux autres étrangers, bénéficient actuellement de l'immunité en Irak, conformément à une directive de l'ancienne Autorité provisoire de la coalition, mise en place après l'invasion de l'Irak en 2003.
Le gouvernement irakien a annoncé lundi que les discussions sur cet accord entre l'Irak et les Etats-Unis débuteraient la troisième semaine de février.
Fin novembre, le président américain George W. Bush et le Premier ministre Maliki avaient signé une "déclaration de principes" fixant la matrice des négociations pour donner un nouveau cadre à la présence militaire américaine en Irak après 2008 et régir les relations à long terme entre les deux pays.
Selon cette déclaration de principes, les forces américaines en Irak ne seront plus placées sous un mandat des Nations unies après 2008, mais en vertu d'un accord entre Washington et Bagdad.
(©AFP / 06 février 2008 20h51)