Chambre US: décès de Lantos, chef de la commission des Affaires étrangères
WASHINGTON - Le président démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Tom Lantos, est mort lundi matin, un mois après l'annonce de sa prochaine retraite politique, a annoncé sa porte-parole.
M. Lantos, élu de Californie né à Budapest en février 1928, fondateur il y a 24 ans du "groupe parlementaire des droits de l'Homme", avait annoncé le mois dernier que des examens de routine avaient révélé le cancer de l'oesophage qui a causé sa mort.
Les hommages ont afflué de toutes parts à l'annonce de ce décès, le président républicain George W. Bush soulignant que, "en tant que seul survivant de l'Holocauste à servir au Congrès, Tom était le rappel vivant que nous ne devons jamais détourner les yeux des souffrances des innocents aux mains des hommes mauvais".
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice s'est dite "effondrée" par la mort de Tom Lantos, "un cher, cher ami".
Interrogée alors qu'elle recevait son homologue finlandais Ilkka Kanerva, Mme Rice a salué en lui "un vrai héros américain, l'incarnation de ce que cela veut dire d'être privé de la liberté, puis de la recouvrer, et d'insister pour que l'Amérique prenne le parti de répandre la liberté et la prospérité chez les autres".
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rendu hommage au courage de M. Lantos et à "sa contribution exceptionnelle en tant que champion de l'humanité".
"On se souviendra longtemps de ses efforts sans limite pour éveiller la conscience de l'Humanité aux dangers de l'intolérance et des violations des droits de l'Homme", indique un communiqué du service de presse de l'ONU.
Considéré comme un "faucon" en politique étrangère, très vigilant sur le respect des droits de l'Homme à travers le monde et critique attentif de l'action de l'administration de George W. Bush, Tom Lantos avait voté pour la guerre en Irak.
En juin, il avait vivement reproché aux pays européens de ne pas assez prendre en charge leur sécurité, et estimé qu'ils devraient "en faire plus" contre "l'exécrable régime" iranien plutôt que de "faire des affaires et de l'argent" avec Téhéran.
Les candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, Barack Obama et Hillary Clinton, ont également salué la mémoire de Tom Lantos.
"Il se disait 'Américain par choix', et son histoire, qui lui a permis de s'élever de l'underground anti-nazi de Hongrie jusqu'à la présidence de la commission des Affaires étrangères, est réellement une histoire américaine, qui nous rend tous fiers", a déclaré M. Obama en saluant une vie passée à "défendre la liberté et s'opposer à la tyrannie".
"Il était arrivé en Amérique avec rien d'autre que ses vêtements sur le dos, et les idéaux qu'il avait décrits dans un essai qui lui avait permis de gagner une bourse universitaire", a souligné de son côté Mme Clinton dans un communiqué co-signé par son mari, l'ancien président Bill Clinton.
"En dépit de - ou peut-être grâce à - tout ce qu'il avait enduré, il comprenait dans ses os que nous avons un profond devoir les uns envers les autres: Tom nous a appris à défendre le bien, spécialement quand c'était difficile", ont ajouté M. et Mme Clinton.
(©AFP / 11 février 2008 19h20)