Assassinat Moughnieh: Damas promet des "preuves tangibles" sur les auteurs
DAMAS - Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a affirmé jeudi que Damas présenterait prochainement des "preuves tangibles" sur les auteurs de l'attentat qui a coûté la vie mardi à un dirigeant du Hezbollah chiite libanais, qualifié de "crime lâche".
"Nous espérons entendre prochainement les résultats de l'enquête sur ce crime lâche. Nous allons présenter des preuves tangibles sur la partie impliquée dans ce crime", a déclaré M. Mouallem lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Manouchehr Mottaki.
"Les services de sécurité syriens poursuivent leur enquête sur le crime terroriste, ils veillent sur la sécurité du pays", a-t-il ajouté.
"Celui qui l'a tué a assassiné tout effort de paix", a encore dit le ministre syrien.
Imad Moughnieh, homme clé des opérations armées du Hezbollah, recherché par Interpol, les Etats-Unis et Israël pour une série d'attentats et d'enlèvements, a été assassiné mardi à Damas dans un attentat à la voiture piégée attribué par le parti libanais à Israël. L'Etat hébreu a réfuté toute implication.
Imad Moughnieh était "un combattant qui a accompli des actes héroïques (...). Il était la colonne vertébrale de la résistance nationale et islamique" libanaise", a estimé Walid Mouallem.
"L'entité sioniste ne récoltera pas les fruits" de cet assassinat, a pour sa part commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, dont le pays a accusé Israël d'être derrière l'attentat.
M. Mottaki, qui selon l'agence officielle Sana a également rencontré à Damas le président syrien Bachar al-Assad, se trouvait auparavant à Beyrouth pour assister aux obsèques du dirigeant du Hezbollah, dans la banlieue sud.
A cette occasion, le chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, s'en est pris violemment à Israël et déclaré une "guerre ouverte" à l'Etat hébreu.
"Vous avez assassiné en dehors du territoire naturel, vous avez dépassé les frontières", a-t-il dit, devant des dizaines de milliers de partisans, menaçant implicitement les Israéliens de faire l'objet de représailles à l'extérieur de leur territoire.
En conséquence, Israël a renforcé jeudi la sécurité de ses représentations diplomatiques dans le monde et mis son armée en état d'alerte.
(©AFP / 14 février 2008 21h41)