Espagne: une centrale nucléaire accusée d'avoir minimisé une fuite
MADRID - Une centrale nucléaire de la province espagnole de Tarragone (nord-est), appartenant au groupe Endesa, a minimisé l'importance d'une fuite radioactive et s'expose à des sanctions, a-t-on appris mardi auprès du Conseil de sécurité nucléaire (CSN) espagnol.
Le CSN indique dans un communiqué qu'il pourrait sanctionner le groupe d'électricité Endesa, propriétaire de la centrale Asco I, pour avoir fourni des "informations incomplètes" et erronées à propos de cette fuite radioactive intervenue le 26 novembre lors d'une opération de maintenance.
Lors d'une visite de contrôle, entre le 5 et le 7 avril, visant à faire la lumière sur cet incident révélé le 4 avril par la centrale, le CSN a constaté que la fuite avait été significativement plus importante que ce qu'Endesa lui avait communiqué.
L'importance de la fuite "est cent fois supérieure à ce que la centrale a déclaré la semaine dernière", a déclaré au quotidien El Pais le sous-directeur de la protection radiologique de cet organisme, Manuel Rodriguez.
"L'impact radiologique qui résulte de ces nouveaux renseignements reste presque insignifiant pour la population voisine de la centrale et en-deçà des limites légales pour le personnel de la centrale", relativise toutefois le CSN dans son communiqué.
A la suite de son inspection, l'organisme de contrôle espagnol a décidé de reclasser l'incident du niveau 1 au niveau 2 de l'échelle internationale des incidents nucléaires, qui en compte sept au total.
Endesa va effectuer des mesures de radioactivité auprès des personnes passées par ou à proximité de la centrale depuis l'incident, soit entre 700 et 800 personnes, employés, visiteurs et riverains.
Le 4 avril, 44 élèves ont notamment visité la centrale et le directeur de leur établissement a exigé qu'ils soient soumis à des examens.
Selon le CSN, Endesa a déjà réalisé des mesures auprès de 579 personnes sans rencontrer aucune trace d'assimilation de matériel radioactif.
Le CSN a indiqué qu'il allait lui-même entamer dès maintenant une campagne indépendante de surveillance radiologique.
"Il s'agit d'un des quatre incidents les plus graves de l'histoire nucléaire espagnole", selon le quotidien El Pais.
Greenpeace avait révélé en premier l'existence de la fuite radioactive. La centrale nucléaire ASCO I l'avait détectée le 14 mars mais n'en avait informé le CSN que le 4 avril.
ENDESA
(©AFP / 15 avril 2008 14h52)