La France retrocède plus de 260 pièces archéologiques volées au Burkina Faso
OUAGADOUGOU - Les autorités françaises ont rétrocédé au Burkina Faso 262 pièces archéologiques volées, saisies fin 2007 par les douanes françaises au port de Rouen (nord-ouest), a déclaré vendredi à l'AFP le ministre burkinabè de la Culture.
"Nous avons reçu hier mercredi (17 avril) de la part du gouvernement français, via l'ambassade de France à Ouagadougou, d'importants objets de notre patrimoine culturel archéologique national qui ont été volés et retrouvés en décembre 2007 au port de Rouen grâce à la perspicacité des services de la douane française", a indiqué Filippe Sawadogo, ministre de la Culture, du tourisme et de la communication et porte-parole du gouvernement.
Selon le ministre, ces oeuvres volées par un couple français sont constituées de 231 fragments de poterie, 8 poteries entières, 17 objets en pierre et 6 objets en bronze. Elles dateraient de 1000 à 1.300 ans avant l'ère chrétienne.
"Le retour de ces oeuvres dans notre musée national est le signe de la bonne coopération qui doit exister entre notre pays, notre continent et les pays vers lesquels sont convoyés les produits de notre patrimoine culturel", a-t-il ajouté.
Plusieurs pays africains sont touchés par un trafic illicite de biens culturels.
Selon les autorités burkinabè, 200 statuettes faisant l'objet d'un trafic vers l'Europe, ont été saisies en septembre 2004 à l'aéroport de Ouagadougou.
Les douanes françaises avaient également saisi, en 2007 à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris, 669 pièces provenant du Mali et plusieurs objets archéologiques du Niger, selon le directeur général du patrimoine culturel du Burkina, Jean Claude Dioma, cité vendredi par le quotidien d'Etat burkinabè Sidwaya.
"On a eu de la chance, mais en même temps, c'est une donne inquiétante, parce que cela montre qu'il y a des gens qui sont organisés et qui pratiquent ce type de trafic à grande échelle", a déclaré l'ambassadeur de France au Burkina Faso, François Goldblatt dans le même journal.
"Je n'ai pas le suivi judiciaire exact de l'affaire, mais il est certain qu'en vertu des conventions internationales et des lois en vigueur en France, les auteurs de ce trafic illicite sont passibles au minimum de peines d'amendes et dans les cas les plus graves de peines de prison", a ajouté le diplomate français.
M. Goldblatt a par ailleurs appelé les Etats à travailler ensemble dans le cadre des conventions internationales portant sur la lutte contre le trafic illicite d'oeuvres d'art.
(©AFP / 18 avril 2008 17h44)