Iran: un conseiller du guide met en garde contre les slogans "provocateurs"
TEHERAN - Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a mis en garde mardi les responsables du pays contre les slogans "provocateurs" sur le dossier nucléaire, dans une critique implicite du président Mahmoud Ahmadinejad.
"Les responsables et les experts politiques (...) doivent éviter les déclarations et les slogans illogiques et provocateurs", a déclaré M. Velayati, conseiller pour les affaires diplomatiques, dans une interview au quotidien Jomhouri Eslami.
Dans le dossier nucléaire, il a remarqué que "le groupe 5+1 évalue chaque mot de ses déclarations et slogans", estimant qu'"il faut prononcer des mots plus réfléchis".
Le groupe réunit les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne, qui tentent de convaincre l'Iran de suspendre son enrichissement d'uranium.
"Certains mots peuvent nous créer des problèmes", a ajouté M. Velayati, qui a été longtemps ministre des Affaires étrangères, dans une référence implicite aux déclarations intempestives du président Ahmadinejad sur ce dossier.
Le groupe 5+1 a délivré à Téhéran à la mi-juin une offre de coopération en échange d'une suspension de l'enrichissement d'uranium.
Alors que certains responsables iraniens ont indiqué que Téhéran étudiait sérieusement cette offre, le président l'a qualifié le 19 juin de "nouveau jeu" des grandes puissances.
Pour la deuxième fois en quelques jours, M. Velayati a prôné l'ouverture de négociations avec le groupe 5+1.
"Ceux qui agissent contre nos intérêts veulent que l'on rejette l'offre (des grandes puissances). Par conséquent, il est dans notre intérêt de l'accepter", a-t-il ajouté.
Selon M. Velayati, les Etats-Unis "cherchent à dire que négocier avec l'Iran est sans intérêt", alors que "les Européens disent que des négociations peuvent aboutir".
Mais l'offre de négociation des grandes puissances sur la coopération, signée aussi par les Etats-Unis, est conditionnée à la suspension de l'enrichissement d'uranium.
M. Velayati a paru rejeter cette condition, en expliquant que "tout en conservant ses acquis scientifiques et technologiques, l'Iran doit agir activement pour négocier".
L'Iran fait l'objet de trois résolutions du Conseil de sécurité, assorties de sanctions, à cause de son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium.
A ces sanctions internationales s'ajoutent celles unilatérales prises par les Etats-Unis et plus récemment par l'Union européenne.
(©AFP / 01 juillet 2008 14h49)