L'outre-mer menacé par les espèces invasives
PARIS - Les îles d'outre-mer, qui hébergent une faune et une flore d'une exceptionnelle richesse, sont menacées par des espèces invasives de plantes et d'animaux, avertit l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
42 espèces de vertébrés et près de 300 espèces végétales représentent une menace déjà réelle ou potentielle pour les écosystèmes d'outre-mer, prévient l'UICN dans un rapport publié mercredi.
Parmi les espèces en danger figurant sur la liste rouge de l'UICN présentes en outre-mer, un amphibien sur trois et plus d'un oiseau sur deux sont directement menacées par ces espèces invasives.
Ces dernières sont souvent transportées involontairement avec les eaux de ballast ou sous les coques de navires. La multiplication des déplacements et des échanges commerciaux a amplifié le phénomène.
Sur les 100 espèces considérées comme les plus invasives dans le monde, la moitié (49) sont présentes dans les collectivités françaises ultramarines, précise l'UICN.
L'outre-mer français, sur une superficie représentant 0,08% de toutes les terres émergées, abrite davantage d'espèces locales de plantes et de vertébrés que toute l'Europe continentale.
Mais de par son caractère principalement insulaire, l'outre-mer est très vulnérable aux introductions d'espèces étrangères dont certaines se sont révélées agressives, causant d'importants dégâts écologiques.
Ainsi 1.200 espèces de plantes ont été introduites aux Antilles, 1.400 en Nouvelle-Calédonie et 2.000 à La Réunion.
A Tahiti, l'arbuste ornemental miconia a déjà recouvert les deux tiers de l'île et menace de disparition 40 à 70 espèces de plantes locales. En Guadeloupe et en Martinique, la mangouste contribue à la raréfaction de diverses espèces d'oiseaux et de reptiles. A La Réunion, la liane papillon menace les derniers vestiges de la forêt sèche. En Polynésie, l'euglandine, un escargot carnivore a contribué à faire disparaître 59 espèces locales d'escargots.
L'UICN plaide pour un renforcement de la prévention soulignant que la lutte contre les espèces invasives est d'autant plus difficile et coûteuse que le processus est avancé.
(©AFP / 02 juillet 2008 17h08)