Inde: Dow Chemical arrête la construction d'un centre sur une zone "sacrée"
NEW DELHI - La filiale indienne du chimiste américain Dow Chemical a annoncé mardi la suspension de la construction d'un centre de recherche dans l'ouest de l'Inde parce que le site est considéré par des hindous comme étant "sacré".
En Inde, le géant Dow Chemical est systématiquement associé à la catastrophe de Bhopal en 1984 lorsque des milliers de gens avaient été tués par des émanations de gaz toxique de l'usine du groupe américain Union Carbide, racheté par Dow en 1999.
Sur le site de Chakan, près de la ville industrielle de Pune à 160 km de Bombay, "la construction (d'un centre de recherche) a été temporairement arrêtée", a déclaré à l'AFP un responsable de Dow Inde.
La secte hindoue des Warkaris redoutait une pollution des rivières des environs réputées être "sacrées". Le Premier ministre de l'Etat du Maharashtra, Vilasrao Deshmukh, avait ordonné la semaine dernière la suspension du chantier du centre qui devait ouvrir cette année.
Dow a rétorqué qu'il ne s'agissait nullement d'un site industriel, mais seulement d'un centre de recherche sur la purification des eaux et les économies d'énergie, devant employer 500 personnes.
Il a dit "discuter avec les autorités pour résoudre le conflit".
Le groupe américain a une terrible réputation en Inde où il est la cible depuis des années d'une "Campagne internationale" dite "Justice pour Bhopal".
Dans cette ville du centre du pays, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, quelque 40 tonnes de gaz toxique mortel s'étaient échappées de l'usine Union Carbide de pesticides, se répandant sur 20 km2.
Au moins 3.500 personnes sont mortes dès les premiers jours suivant la catastrophe. Au total, quelque 15.000 personnes sont décédées après avoir inhalé le gaz. Amnesty International parle de 22.000 à 25.000 morts.
800.000 victimes ont été plus ou moins touchées, selon des chiffres officiels.
Les survivants demandent à Dow Chemical de payer pour la décontamination du site, de verser des indemnisations et de fournir de l'eau propre à la population locale. Mais l'entreprise fait valoir que tout avait été réglé en 1989 avec le paiement par Union Carbide de 470 millions de dollars.
(©AFP / 30 septembre 2008 13h27)