Nucléaire: Jalili écrit à Solana pour se plaindre de l'Occident
TEHERAN - Le responsable du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, a écrit une lettre au diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana pour se plaindre de l'attitude de l'Occident à propos du dossier nucléaire iranien, a déclaré lundi à l'AFP un haut responsable.
"Dans cette lettre, M. Jalili se plaint de l'attitude des Occidentaux et affirme que leur approche a perturbé le processus constructif des négociations entre les deux parties", a déclaré ce responsable iranien ayant requis l'anonymat.
"Avoir recours à la pression plutôt qu'à la raison pendant les négociations ne mènera pas à une solution", a indiqué l'agence officielle Irna en citant le contenu de la lettre.
Selon le bureau du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, la lettre a été remise à M. Solana lundi par l'ambassadeur d'Iran à Bruxelles, Ali Asghar Khaji. Une copie doit être remise aux ministres des Affaires étrangères des pays 5+1 (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine et Allemagne).
La copie de la lettre destinée à Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat américaine, sera remise à l'ambassade suisse à Téhéran qui représente les intérêts américains en Iran.
M. Jalili avait rencontré M. Solana et des représentants des Six le 19 juillet à Genève pour discuter du programme nucléaire controversé iranien mais ces discussions n'avaient rien donné.
Pour la première fois, un haut diplomate américain, le sous-secrétaire d'Etat américain William Burns, y avait participé.
Les grandes puissances cherchent à obtenir de l'Iran qu'il suspende son programme d'enrichissement d'uranium, en échange d'une offre de large coopération présentée à deux reprises, en juin 2006 puis sous une forme "rafraîchie" en juin 2008.
Les pays occidentaux craignent que l'Iran ne puisse détourner son programme nucléaire civil à des fins militaires, ce que Téhéran a toujours démenti.
Après le récent rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), soulignant un manque de coopération de l'Iran et son incapacité à certifier que le programme iranien a un objectif exclusivement civil, les Etats-Unis et leurs alliés européens ont tenté de renforcer les sanctions internationales contre Téhéran.
Mais devant le refus de la Russie, ils ont accepté de faire adopter une nouvelle résolution fin septembre au Cosneil de sécurité de l'ONU insistant simplement sur les résolutions précédentes.
L'Iran a dénoncé cette nouvelle résolution.
Ces derniers jours, les responsables iraniens ont même multiplié les déclarations pour souligner la volonté de Téhéran de poursuivre son programme d'enrichissement d'uranium.
"Notre politique inchangée est de devenir autosuffisants en matière de combustible pour nos centrales nucléaires. Dans le cadre de la loi et de nos droits conformes au Traité de non prolifération (TNP), nous continuerons nos activités nucléaires pacifiques pour devenir autosuffisants", a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki.
Comme on lui demandait si Téhéran accepterait de suspendre ses activités d'enrichissement si les Occidentaux garantissaient l'approvisionnement de l'Iran en combustible nucléaire, il a répondu par la négative.
(©AFP / 06 octobre 2008 17h57)