Des rats dans une agence Coliposte, les salariés exercent leur droit de retrait
PARIS - Les salariés d'une agence Coliposte (filiale de la Poste) de Paris-Saint-Ouen ont arrêté le travail, exerçant depuis lundi leur "droit de retrait" en raison de "la présence massive de rats" dans les locaux, a-t-on appris mercredi de source syndicale.
"Il y a des rats sur le site de Saint-Ouen, qui rentrent le soir dans le bâtiment, détériorent les colis et urinent dessus", a expliqué à l'AFP Ali Zyani, délégué Sud-PTT, qui évoque "un danger grave et imminent" pour les salariés, dont certains ont eu "des plaques rouges et des démangeaisons".
Cette plate-forme Coliposte est chargée des colis à destination du 18e arrondissement de Paris et de Saint-Ouen (Seine St-Denis).
"Quasiment la totalité des 47 personnes travaillant sur le site, en dehors de l'encadrement, ont exercé leur droit de retrait", a ajouté le syndicaliste, également membre du CHSCT (comité, hygiène, sécurité et conditions de travail), qui a alerté la direction le 24 septembre.
"On ne reprend pas tant que tous les trous n'ont pas été bouchés, et que le site n'a pas été désinfecté", a-t-il ajouté, soulignant qu'environ 5.000 colis sont sur le site depuis lundi.
La direction de la Poste confirme le problème, qui s'étend "sur tout Saint-Ouen", mais elle précise que trois dératisations ont eu lieu depuis le 12 septembre, par Coliposte et par la mairie de Saint-Ouen.
De plus, le bâtiment et les colis ont été "traités", et des travaux sont en cours "pour boucher les trous" par lesquels s'infiltraient les rats, a-t-on précisé de même source.
"Toutes les mesures ont été prises pour la sécurité totale des personnels et des usagers", a souligné la direction, précisant que les colis avaient été détournés vers d'autres centres.
Le médecin de prévention (équivalent du médecin du travail du secteur privé) et l'inspection du travail, passés sur le site mardi, "ont confirmé qu'il n'y avait aucun danger pour les agents et les paquets", a-t-elle ajouté, soulignant que les salariés étaient "censés reprendre le travail", comme l'ont fait les salariés des entreprises voisines.
Les salariés ont déjà reçu "des courriers de mise en demeure de reprendre", souligne M. Zyani.
(©AFP / 08 octobre 2008 18h14)