Un vaste décharge illégale de résidus automobiles dans le Calvados
CAEN - Une décharge illégale de 37.000 tonnes de résidus de broyages automobiles a été mise au jour sur le terrain d'une brocante normande, a-t-on appris vendredi auprès de l'adinistration qui soupçonne notamment la société de recyclage Guy Dauphin Environnement (GDE).
Le propriétaire du terrain "dit que c'est la société GDE qui a, sans autorisation légale donc, aplani son terrain pendant un an en 2002/2003 avec ces déchets dont le stockage est très réglementé. Plus l'enquête avance, plus ces allégations semblent se confirmer", indique-t-on à la direction régionale de l'environnement où le procès-verbal est en cours de rédaction.
La société GDE a pour actionnaire majoritaire et administrateur Claude Dauphin, fondateur de Trafigura qui avait affrété le cargo Probo Koala, dont les déchets toxiques avaient été déversés en Côte d'Ivoire en 2006, faisant des dizaines de morts.
Selon les déclarations du propriétaire du terrain à la Drire, GDE avait un contrat avec lui. L'enquête judiciaire à venir déterminera les responsabilités éventuelles de chacun. Les dirigeants de GDE n'étaient pas joignables dans l'immédiat.
"En 14 ans à la DRIRE, je n'ai jamais vu un dépôt illégal de déchets de ce type d'une telle ampleur", a expliqué Yvon Ory, responsable de la cellule risques chronique à la Drire.
Alerté par une association, la DRIRE a identifié 37.000 tonnes de résidus de broyage automobile (RBA, ce qui reste du broyage des vieilles voitures après dépollution) sur une profondeur de 6 à 7 mètres et sur une surface de 2,43 hectares.
Les RBA sont classés "non dangereux", mais des analyses sont en cours pour déceler la présence d'éventuelles substances plus nocives.
Le site, à Versainville (sud du Calvados) se situe au-dessus de la nappe phréatique de la plaine de Caen mais pas à proximité d'une station de captage ce qui exclut un risque pour les consommateurs d'eau du robinet, selon la Drire.
"Avec de telles pratiques illégales, les industriels cherchent à échapper à la taxe sur activité polluante de 37 euros par tonne", poursuit M. Ory. Le propriétaire du terrain, lui, dit avoir été payé 2 euros la tonne.
Les contrevenants risquent 2 ans de prison ferme et 75.000 euros d'amende selon la DRIRE.
(©AFP / 21 novembre 2008 18h16)