PIB canadien: mieux que prévu au troisième trimestre mais récession en vue
OTTAWA - Le Canada a connu une croissance économique faible mais quand même meilleure que prévu au troisième trimestre, grâce à un rebond de la production, a annoncé lundi l'institut national Statistique Canada.
Ces données ont toutefois été enregistrées avant l'intensification de la crise financière mondiale, qui fait que le gouvernement canadien prévoit maintenant une récession au Canada avec une contraction de l'économie au quatrième trimestre, qui a commencé en octobre, et au premier trimestre 2009.
Au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3% par rapport au précédent, a indiqué Statistique Canada dans un communiqué, alors que les analystes s'attendaient à une progression de 0,2%.
Sur un an, la croissance de l'économie canadienne a aussi été un peu plus vigoureuse que prévu au troisième trimestre, atteignant 1,3%, alors que les analystes misaient sur une hausse de 1,1%.
Statistique Canada rappelle qu'en comparaison, l'économie américaine s'est contractée de 0,5% au troisième trimestre.
Mais l'institut reconnaît aussi que pour l'essentiel, l'économie canadienne avait stagné dans les six premiers mois de 2008, en raison du fléchissement de la demande étrangère et du ralentissement de la croissance de la demande intérieure.
La plus grande partie de la hausse enregistrée pendant le troisième trimestre a eu lieu en juillet. L'activité a légèrement augmenté de 0,1% en septembre, après avoir affiché une baisse en août.
Les industries ont augmenté leur production au troisième trimestre, principalement dans les secteurs pétrolier et gazier ainsi que dans la construction, a précisé l'institut.
"Gardons-nous de tout optimisme, cela ne va pas durer", a toutefois averti l'économiste en chef de la banque de Montréal (BMO) Sherry Cooper en commentant ces données.
Déjà au troisième trimestre, les exportations ont diminué pour un cinquième trimestre d'affilée, et la croissance de la demande intérieure finale a décéléré pour s'établir à 0,1%, principalement en raison du ralentissement des dépenses de consommation, a d'ailleurs rappelé Statistique Canada.
Le ralentissement de la demande intérieure risque prochainement d'exposer au grand jour la faiblesse de l'économie canadienne qui, jusqu'à récemment, pouvait encore compter sur la force des secteurs de la construction et des matières premières, estime pour sa part Pascal Gauthier, économiste à la banque Toronto Dominion (TD). "Mais cela, ce n'est plus présent, ça ne fait plus partie de la donne", a-t-il dit.
Le premier signe d'une dégradation marquée de la situation économique canadienne est attendu vendredi avec la publication des chiffres sur le chômage pour le mois d'octobre, avec une prévision de quelque 20.000 pertes d'emplois.
Résultat, M. Gauthier s'attend à que la Banque du Canada réduise d'un demi-point son taux directeur à sa réunion du 9 décembre, qui passerait ainsi à 1,75%.
Optimiste, le gouvernement canadien prévoit encore une croissance de 0,3% du PIB canadien en 2009.
(©AFP / 01 décembre 2008 19h08)