Gaza ressemble à un "camp de concentration", selon un responsable du Vatican
ROME - La bande de Gaza "ressemble de plus en plus à un camp de concentration", estime le cardinal Renato Martino, ministre de la Justice et de la Paix du Vatican, dans un entretien publié mercredi par un quotidien italien en ligne.
"Regardons les conditions (de vie) à Gaza : cela ressemble de plus en plus à un grand camp de concentration", affirme le cardinal Martino dans une interview accordée au quotidien italien en ligne Il Sussidiario.
Israël a dénoncé mercredi ces propos accusant Mgr Martino d'employer des termes "tirés de la propagande du Hamas".
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, n'a pas commenté cette réaction.
Dans l'interview, le président du Conseil pontifical pour la Justice et la Paix considère en outre qu'aucune des deux parties au conflit "ne voit l'intérêt de l'autre" et que chacune "ne (prend en compte) que ses intérêts".
"Les conséquences de l'égoïsme sont la haine de l'autre, la pauvreté, l'injustice. Ceux qui paient sont toujours les populations sans défense", ajoute-t-il.
Pour renouer avec le dialogue, "il faut une volonté des deux parties, car les deux sont coupables. Israéliens et Palestiniens sont les enfants de la même terre, et il faut les séparer, comme deux frères", estime-t-il.
"S'ils ne réussisent pas à se mettre d'accord, alors quelqu'un d'autre doit le faire (pour eux). Le monde ne peut pas rester là à regarder sans rien faire", poursuit Mgr Martino.
"Nous ne sommes pas seuls, nous chrétiens, à appeler cette terre +sainte+, les juifs et les musulmans le font aussi. Le fait que cette terre soit justement le théâtre de conflits sanglants apparaît comme un grand malheur", estime-t-il.
Dimanche, le pape Benoît XVI a dénoncé "les nouvelles dramatiques qui arrivent de Gaza" et déploré que "le refus du dialogue" débouche sur des situations "qui accablent de manière indicible les populations une nouvelle fois victimes de la haine et de la guerre".
Il a également appelé les responsables "des deux fronts israélien et palestinien" à une "action immédiate pour mettre fin à la situation actuelle tragique" dans la bande de Gaza, à l'issue de la prière de l'angelus place Saint-Pierre.
Le pape examine la possibilité d'un voyage en Israël en mai 2009, mais cela n'a pas encore été officiellement annoncé par le Vatican.
La présidence israélienne a fait état en décembre de préparatifs en cours et un quotidien italien a avancé que le voyage devait avoir lieu du 8 au 15 mai et devait le mener à Jérusalem, Nazareth et Bethléem.
L'offensive israélienne contre la bande de Gaza a coûté la vie à près de 700 Palestiniens, dont 220 enfants, et fait quelque 3.000 blessés depuis son lancement le 27 décembre, selon le dernier bilan des services d'urgence palestiniens.
Les ONG humanitaires et agences de l'ONU ont dénoncé une crise humanitaire "totale" dans ce territoire pauvre et surpeuplé. L'offensive a provoqué de graves pénuries de vivres, de carburant et d'eau courante ainsi que des coupures d'électricité.
(©AFP / 07 janvier 2009 20h40)