Génocide au Rwanda: perpétuité confirmée pour un ex-commandant des FDLR
KIGALI - La justice rwandaise a confirmé jeudi en appel la condamnation à la prison à vie, pour son rôle dans le génocide de 1994, d'un ex-commandant de la rébellion des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui a depuis rallié l'armée rwandaise, a indiqué sa famille.
Comme en première instance, le général de brigade Séraphin Bizimungu, appartenant à l'ethnie hutu, a été reconnu coupable, par une juridiction d'appel gacaca, d'avoir joué un rôle dans les massacres de Tutsi en février 1994 dans la région de Nyagatare (est du Rwanda).
A cette époque, M. Bizimungu officiait dans l'armée rwandaise, qui était aux prises avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), mouvement dominé par la minorité tutsi et aujourd'hui au pouvoir.
Alors que la communauté internationale considère généralement que le génocide a commencé avec l'assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, les autorités rwandaises actuelles affirment que les massacres de Tutsi commis à partir du 1er octobre 1990 (date du déclenchement de la rébellion du FPR) relèvent également du plan génocidaire.
A la suite du génocide, qui a pris fin en juillet 1994, M. Bizimungu avait intégré la rébellion hutu rwandaise des FDLR, installée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), voisine du Rwanda.
Entré en dissidence en juin 2005, alors qu'il faisait partie du commandement des FDLR, M. Bizimungu avait tenté d'usurper le plus haut poste de la hiérarchie militaire du mouvement, avant de rentrer dans son pays le 15 décembre 2005.
Intégré par la suite au sein de la nouvelle armée rwandaise, il travaillait depuis aux services de renseignements intérieurs.
Son jugement en première instance avait été délivré le 18 décembre par un tribunal gacaca.
Inspirées des anciennes assemblées villageoises lors desquelles les sages réglaient les différends, les gacacas (prononcer gatchatcha), animées par des "personnes intègres" choisies parmi la communauté, sont chargées de juger la presque totalité des personnes soupçonnées d'avoir trempé dans le génocide de 1994, qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts, essentiellement des Tutsi.
Les FDLR, dont de nombreux éléments ont participé au génocide, sont considérées comme l'une des principales sources d'insécurité dans la région africaine des Grands Lacs, qui englobe notamment la RDC et le Rwanda.
Depuis le 20 janvier, les armées congolaise et rwandaise ont lancé une opération conjointe et inédite dans l'est de la RDC destinée à traquer les FDLR, estimés à environ 6.000.
(©AFP / 29 janvier 2009 17h51)