Incidents en Egypte entre policiers et éleveurs de porcs
LE CAIRE - Des éléveurs de porcs ont lapidé mercredi en Egypte des vétérinaires et des policiers venus tuer leurs animaux en application d'un décret contre la "grippe porcine", a-t-on appris d'une source de sécurité.
"Les policiers et les services vétérinaires ont été accueillis dans un élevage de cochons à coups de pierre et ont du rebrousser chemin sans prendre un seul porc" a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité qui a requis l'anonymat.
Cet incident, le premier qui ait éclaté entre éléveurs de porcs, principalement des chrétiens coptes, et les autorités, est intervenu dans la région de Khanka, dans le gouvernorat de Qaloubiya, à 25 km au nord du Caire.
Les éleveurs ont érigé des barrage routiers, et certains ont lancé des pierres faisant voler en éclat les vitres des véhicules des services vétérinaires et de la police dépéchés sur place par le gouverneur, a-t-il précisé.
Alors qu'un cas de cette grippe ne s'est déclaré en Egypte, et que l'OMS n'a recensé aucun cas de contamination d'une personne par un porc, le gouvernement a ordonné mercredi l'abattage des 250.000 cochons élevés dans le pays.
La majorité des 80 millions d'Egyptiens sont des musulmans, dont la religion interdit de manger du porc considéré comme "impur". Les chrétiens constituent de 6 à 10% de la population selon les estimations.
"Il a été décidé de commencer immédiatement à égorger tous les porcs en Egypte" a déclaré le ministre égyptien de la Santé, Hatem el-Gabali, après une réunion avec le président Hosni Moubarak.
Le ministre, dont le pays est l'un des plus touchés au monde par la grippe aviaire, a estimé que la situation était "grave" et que l'Egypte "prenait (la menace) très au sérieux".
Quelque 250 porcs ont déjà été abattus mercredi, et leurs propriétaires se sont vu allouer une somme de 1000 livres égyptiens (130 euros) par animal, selon cette source de sécurité.
Des éleveurs de porcs aux abords du Caire, en majorité des chiffoniers chrétiens, qu'on appele les "zabalin", se sont dits révoltés par la décision du gouvernement.
"Nos porcs sont en bonne santé, ils sont tout notre capital et ils ne sont pas malades", a ainsi affirmé à l'AFP Adel Ishak, de Manchiyet Nasr, dans le nord-est du Caire.
"Ils veulents se débarasser des cochons parce que cet animal est interdit par l'Islam et qu'ils disent que l'Egypte est un pays islamique", a-t-il encore ajouté.
(©AFP / 29 avril 2009 22h34)