Malgré les difficultés, la mairie de Paris veut toujours faire "Autolib"
PARIS - Fort du succès de Vélib, le maire de Paris Bertrand Delanoë veut toujours faire sur le même modèle "Autolib", location de véhicules propres en libre service, mais la ville mesure les difficultés de ce qui serait une première mondiale.
Alors que ses alliés Verts de la majorité municipale ont exprimé leur "scepticisme" sur la viabilité du système, l'édile socialiste a confirmé cette semaine devant la presse que "ça se fera". Et s'il reconnaît que "ce sera difficile", il "aimerait bien" que ce soit en 2010.
Promesse de campagne de Bertrand Delanoë aux dernières municipales, Autolib a déjà été approuvé par le conseil de Paris et s'adresserait dès le départ à la capitale mais aussi aux communes limitrophes volontaires.
Une vingtaine, de gauche comme de droite, ont d'ores et déjà signifié leur accord et une dizaine d'autres sont attendues, a indiqué à l'AFP Annick Lepetit, adjointe PS aux Transports. Une réunion jeudi avec les communes intéressées est prévue.
Mais la constitution d'un "syndicat mixte ouvert" pour les regrouper nécessite l'aval du préfet, toujours attendu à ce jour. Le lancement de la procédure de délégation de service public ne pourra intervenir qu'ensuite, l'inauguration du service étant alors prévue, si tout va bien, pour le 4ème trimestre 2010.
Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France vient d'apporter son soutien financier au projet en proposant une participation globale de trois millions d'euros au syndicat mixte.
Aux Verts qui préconisent plutôt le développement de l'autopartage -voiture réservée à l'avance, prise et remise au même endroit- et craignent qu'Autolib "génère des déplacements inutiles", Annick Lepetit rétorque que le projet -véhicules en libre service pris à un endroit et redéposés à un autre- est un "complément des services de transport existants".
"On veut des véhicules électriques" souligne-t-elle, estimant qu'Autolib peut être un "accélérateur" dans ce domaine auprès des constructeurs.
Mme Lepetit met en avant l'argument de la "liberté" pour l'usager et souligne la nécessité d'un "maillage très important", gage d'une bonne régulation: 700 stations sont envisagées à Paris tant en surface qu'en souterrain et les communes limitrophes seront libres d'installer le nombre de stations qu'elles veulent.
Le coût d'installation aurait un plafond de 50.000 euros par station (à la charge du syndicat), les coûts de fonctionnement incombant au délégataire. Le coût de l'abonnement serait de 15 à 20 euros par mois et la demi-heure d'utilisation coûterait entre 4 et 6 euros, selon Mme Lepetit.
Reste que toutes les difficultés techniques ne sont pas résolues et que le coût, très élevé, du vandalisme sur Vélib donne à réfléchir. Depuis le lancement en juillet 2007 jusqu'en février dernier, 11.600 vélos ont été vandalisés et 7.800 autres volés. A tel point qu'un avenant prévoit désormais, selon JCDecaux, concessionnaire du service, que la municipalité "participe pour une équivalence de 400 euros par vélo volé et détruit".
(©AFP / 14 mai 2009 08h05)