Des associations montrent ce que pourrait être une "salle de consommation" de drogues à Paris
PARIS - Des associations ont ouvert symboliquement lundi à Paris une "salle de consommation" de drogues, afin de montrer à l'opinion et aux pouvoirs publics ce que ce type de structure pourrait apporter en matière de santé publique, a constaté un journaliste de l'AFP.
Cette salle, dont l'équipement a été copié sur une salle de ce type fonctionnant depuis 2001 à Genève, ne sera ouverte que les 18 et 19 mai, rue de Belleville dans le XIXe arrondissement.
Elle n'a pas vocation à recevoir des usagers de drogues mais plutôt de montrer à la presse et aux responsables politiques, s'ils acceptent de se déplacer, ce qu'il faudrait selon ses promoteurs mettre en place en France pour permettre aux usagers de réaliser leurs injections dans de meilleures conditions d'hygiène, et donc réduire les risques de contamination, notamment aux hépatites.
Pour Jean-Louis Bara, président de Safe (une association de réduction des risques auprès des usagers de drogues), "notre but est d'aller vers l'ouverture d'une salle de consommation à Paris, d'obtenir une tolérance de la part des pouvoirs publics. C'est une démonstration de ce qui pourrait être mis en place".
Selon les enquêtes spécialisées, près de 60% des usagers de drogues sont infectés par le virus de l'hépatite C (VHC) et environ un tiers l'ignorent, ce qui contribue à propager l'épidémie.
Selon ces associations, il existe aujourd'hui près de 80 salles de consommation dans le monde, dont 31 au Pays-Bas, 20 en Allemagne, 17 en Suisse, trois en Espagne et trois en Afghanistan.
Venue de Genève, Anne François, de l'association "Première ligne", a décrit le fonctionnement de la salle installée près de la gare de la grande ville suisse et insisté sur le fait que "jamais personne n'est mort d'overdose dans une salle de consommation, où que ce soit dans le monde".
(©AFP / 18 mai 2009 17h29)