Madagascar: fin des conférences régionales sur la sortie de crise
ANTANANARIVO - Des conférences régionales se sont clôturées vendredi dans les 22 régions de Madagascar en vue de servir de base à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, qui doit sortir le pays de la crise.
Depuis mardi, plusieurs centaines de représentants de la société civile se sont réunis dans tout le pays pour exprimer leurs idées sur la Constitution, le code électoral et la réconciliation nationale.
"Chacun a respecté les règles du jeu, mais il faudra attendre la conférence nationale pour avoir une idée de l'ensemble", a déclaré à l'AFP Rajemison Rakotomaharo, président de la commission "Réconciliation" pour la région Analamanga (Antananarivo, la capitale).
Selon le calendrier de sortie de crise des autorités, établi début avril, la conférence nationale devait avoir lieu avant le 26 juin, mais le processus a pris du retard et aucune date n'est encore fixée.
"Il y a eu un peu de chahut dans presque toutes les régions (notamment à cause des problèmes logistiques et financiers dus au nombre de participants, plus élevé que prévu), mais ces conférences sont un succès", a affirmé à l'AFP Bruno Razafinimanana, membre du comité d'organisation.
"Avec 22 régions et 18 millions d'habitants, ce n'est pas très facile, mais on va centraliser toutes les idées pour conserver l'opinion des participants", a-t-il assuré.
Beaucoup se montraient cependant circonspect sur la sincérité du processus.
"On constate qu'à la fin les résolutions ne sont pas très claires, il y a des idées dont les organisateurs n'ont pas tenu compte", a regretté Mana Andriatrehana, membre de la plateforme nationale des jeunes.
"Dans ma commission, nous étions 230, et le temps de parole était limité à deux minute, puis une seule", a-t-il déploré.
Les conférences régionales ont été boycottées par les partis d'opposition à la Haute Autorité de Transition (HAT), mise en place après la démission du président Marc Ravalomanana le 17 mars.
Alain Ramaroson, membre de la HAT a indiqué satisfait à l'AFP que "les débats étaient animés, chauds, parfois houleux, mais c'est la démocratie, les gens veulent le changement".
"J'envoie un message à la communauté internationale: (...) nous sommes capables de dialoguer et de faire la réconciliation", a-t-il ajouté.
Le changement de régime à Madagascar a été condamné par de nombreux pays et organisations. La Communauté internationale ne reconnaît pas le processus de transition mise en place unilatéralement par la HAT, et cherche toujours une solution consensuelle et inclusive pour un retour à l'ordre constitutionnel.
(©AFP / 04 juillet 2009 14h05)