Taxe carbone : Michel Rocard juge les déclarations du PS "prématurées"
PARIS - L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a jugé lundi "prématurées" les déclarations des dirigeants du PS qui ont affiché ce week-end leur opposition à la taxe carbone telle qu'elle est envisagée par le gouvernement.
"C'est prématuré puisque les détails d'application, on ne les connaît pas", a déclaré à l'AFP M. Rocard qui a présidé en juin/juillet une conférence d'experts sur cette "Contribution climat énergie" dont l'objectif est d'encourager ménages et entreprises à consommer moins d'énergies fossiles, nocives pour le climat.
Pour l'ex-Premier ministre, la question cruciale, qui reste soumise à l'arbitrage gouvernemental, est: "Qu'est-ce qu'on fait de l'argent et comment on le redistribue aux gens dont on veut modifier les comportements mais dont on ne veut pas martyriser le pouvoir d'achat".
"Il y a un risque, mais c'est le message principal de notre rapport: il risque d'y avoir une vraie injustice sociale qu'il faut compenser avec le produit même de la taxe. Donc, d'accord là-dessus, mais attendons un peu de voir", ajoute-t-il.
Interrogé sur son état d'esprit dans l'attente des arbitrages gouvernementaux, il répond: "Je suis un peu inquiet, pourquoi ne pas le dire ? Mais je ne les considère pas comme négativement acquis d'avance".
Ségolène Royal avait dénoncé un impôt "historiquement décalé", "injuste" et "insupportable" vendredi à l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle. Dimanche, la première secrétaire du PS Martine Aubry rejetait "cette taxe carbone telle qu'envisagée par l'UMP (...) inefficace sur le plan écologique et injuste socialement".
"Cela ne veut rien dire... Cela veut dire qu'il aurait mieux fallu la faire il y a 15 ans, c'est vrai, d'accord. Mais comme on ne l'a pas fait, cela n'enlève rien à la nécessité de rattraper le retard", rétorque l'ancien Premier ministre de François Mitterrand.
Le ministre du Budget Eric Woerth a annoncé que la taxe carbone verrait le jour dès 2010, mais de nombreuses questions restent en suspens concernant son taux et son mode de redistribution.
(©AFP / 31 août 2009 13h30)