Sables bitumineux: Greenpeace accuse le Canada de détruire le climat
MONTRÉAL - Greenpeace a accusé lundi le Canada de contribuer au "chaos climatique" en développant l'extraction de pétrole des sables bitumineux et de chercher à faire échouer les négociations de Copenhague destinées à limiter les émissions de gaz à effet de serre.
L'organisation écologique a publié un nouveau rapport sur le changement climatique à deux jours d'une rencontre entre le Premier ministre canadien Stephen Harper et le président américain Barack Obama, mercredi à Washington, soulignant que l'exploitation des sables bitumineux de la province d'Alberta a fait du Canada le premier fournisseur de pétrole des Etats-Unis.
L'organisation rappelle aux deux dirigeants que le développement des sables bitumineux "entraîne un peu plus la planète vers un chaos climatique mondial", selon un communiqué.
Le rapport accuse le Canada d'être devenu un "délinquant du carbone" sur la scène internationale, faisant non seulement obstruction à la réalisation des objectifs de Kyoto, mais exerçant également un "lobbying puissant" pour faire échouer les prochaines négociations internationales de Copenhague.
Rédigé par le journaliste Andrew Nikiforuk, spécialiste de la question, le document "démontre noir sur blanc que l'industrie des sables bitumineux joue un rôle fondamental dans la destruction de notre climat", affirme Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace au Québec, citée dans un communiqué de l'organisation.
Comme il faut un apport en énergie extrêmement élevé pour produire du pétrole à partir des sables bitumineux, ce pétrole laisse une empreinte carbonique plus marquée que tout autre produit pétrolier sur le marché, affirme encore Greenpeace: "Dans certains cas, le pétrole des sables bitumineux est désormais dix fois plus +sale+ que le pétrole de la Mer du Nord".
Dès l'élection de Barack Obama à la présidence américaine, les écologistes canadiens ont dit compter sur lui pour freiner l'exploitation des sables bitumineux, encouragée par l'équipe précédente de George W. Bush.
(©AFP / 14 septembre 2009 19h41)