Sarkozy: "tragique erreur" de l'Iran s'il poursuit son programme nucléaire
NEW YORK (Nations unies) - Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé que les Iraniens "commettraient une tragique erreur" en "misant sur la passivité de la communauté internationale pour poursuivre leur programme nucléaire militaire", mercredi devant l'ONU à New York.
"Je veux dire aux dirigeants iraniens qu'en misant sur la passivité de la communauté internationale pour poursuivre leur programme nucléaire militaire, ils commettraient une tragique erreur", a déclaré M. Sarkozy.
Le chef de l'Etat s'exprimait lors de l'ouverture de la 64e Assemblée générale de l'ONU.
Peu avant lui, le président américain Barack Obama avait jugé que l'Iran et la Corée du Nord, avec leurs activités nucléaires, étaient sur une "pente dangereuse" pour le monde.
La France est membre du groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) qui tentent de négocier avec l'Iran sur son programme nucléaire controversé. Ce groupe devait se réunir mercredi en fin d'après-midi à l'ONU.
Après 14 mois d'impasse, les négociations avec l'Iran reprendront le 1er octobre à Genève.
Le président français est d'autant plus ferme que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a, à plusieurs reprises, menacé de "rayer Israël de la carte".
Plusieurs fois également, comme à Damas en septembre 2008, M. Sarkozy a prévenu l'Iran qu'il prenait "un risque majeur" en cherchant à se doter de l'arme nucléaire car Israël pouvait le "frapper" et ce serait "la catastrophe".
Les relations entre la France et l'Iran se sont encore dégradées à la suite de la réélection controversée de M. Ahmadinejad. Paris a très nettement soutenu la contestation en Iran, y compris les réformistes au sein du régime.
Un nouveau palier vient d'être franchi: depuis quelques jours, Paris et Téhéran se livrent à une guerre des mots après des propos très durs du président iranien et son exigence de voir Paris faire un geste en faveur de prisonniers iraniens pour débloquer le dossier Clotilde Reiss.
Cette jeune universitaire française a été arrêtée le 1er juillet pour avoir participé à des manifestations à Ispahan. Elle a été libérée mi-août à condition de rester à l'ambassade de France, dans l'attente de son jugement.
M. Ahmadinejad a déclaré mardi soir que "le peuple français mérite mieux que ses dirigeants actuels", estimant que Paris "s'ingère dans les affaires" intérieures iraniennes.
Ces propos faisaient suite à des propos identiques du président français qui estimait, le 31 août, que les Iraniens "méritent mieux" que leurs dirigeants actuels.
Selon la présidence française, M. Sarkozy devait répondre mercredi soir à la télévision aux attaques de son homologue iranien.
(©AFP / 23 septembre 2009 20h50)