Silvio Berlusconi attaque violemment l'opposition de centre gauche
MILAN - Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a violemment attaqué le Parti démocrate, principale force d'opposition du pays, l'accusant notamment de se livrer à un "simulacre de démocratie" en organisant des primaires, dans un discours dimanche à Milan.
Le Parti démocrate (PD) organise "des primaires dont l'issue est décidée à l'avance et qui sont seulement un simulacre de démocratie", a déclaré le président du Conseil devant ses ministres et des sympathisants du Peuple de la Liberté (PDL) qu'il dirige.
Le PD organise en octobre des primaires pour désigner son nouveau chef.
"Ils ont changé de nom mais ce sont toujours les mêmes communistes!", a affirmé le Cavaliere, dans une allusion à l'origine historique du PD, issu en partie de l'ancien PCI.
Le Cavaliere a également enjoint son public réuni pour une fête de son parti à "écouter l'opposition, regarder leurs journaux télévisés payés par nos impôts, lire leurs journaux" pour comprendre les projets de ceux qui "ont adoré les tyrans sanguinaires comme Staline, Mao et Pol Pot".
Silvio Berlusconi et sa majorité attaquent régulièrement la télévision publique en l'accusant d'être un bastion de la gauche, menaçant même dimanche de supprimer une émission de débat qu'ils trouvent trop critique à leur encontre.
Le chef de la majorité a également cherché dans son discours à apaiser les tensions au sein de son camp, créées selon lui par l'opposition.
En termes d'immigration, "la gauche veut abattre les frontières pour accueillir tout le monde. Elle ne le fait pas par charité mais parce qu'elle a une stratégie: donner le droit de vote à tous en espérant qu'ils votent pour elle", a-t-il attaqué.
Il faisait référence à une polémique née au sein de son parti, le président de l'Assemblée nationale Gianfranco Fini ayant suggéré que la nationalité italienne soit accordée aux immigrés en règle après cinq ans, une position largement critiquée par le reste de la majorité mais soutenue par la gauche.
"Un petit avertissement à ceux qui ne votent pas pour nous: la gauche a un programme bien précis. Elle veut nous faire perdre notre liberté sur ce que nous achetons, réinstaurer l'impôt foncier, augmenter les impôts sur les bénéfices financiers, introduire un impôt progressif sur le patrimoine pour réduire le déficit public qu'elle aura elle-même créé", a conclu.
(©AFP / 27 septembre 2009 20h44)