GB: service religieux pour les soldats en Irak, Blair pris à partie
LONDRES - Un service religieux organisé vendredi en la cathédrale Saint Paul de Londres en l'honneur des soldats britanniques ayant servi en Irak, a été suivi d'un incident entre le père d'un soldat tué et l'ex-Premier ministre Tony Blair.
M. Blair, qui avait engagé la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak, s'est joint au président irakien Jalal Talabani et à la reine Elizabeth II pour cette cérémonie religieuse en hommage aux quelque 100.000 militaires et civils britanniques qui ont été dépêchés en Irak depuis 2003, ainsi qu'aux 179 soldats qui y sont morts.
Au cours d'une réception offerte après le service religieux à Guildhall, l'ancien hôtel de ville de Londres, le père d'un soldat mort en Irak a refusé de serrer la main de Tony Blair.
Peter Brierley, qui a perdu son fils Shaun Brierley âgé de 28 ans, a dit à l'ex-Premier ministre : "je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus".
"Je crois que Tony Blair est un criminel de guerre. Je ne peux pas supporter d'être dans la même pièce que lui. Je ne peux pas croire qu'il ait été invité à cette réception", a déclaré M. Brierley peu après.
Au cours du service religieux, le président irakien Jalal Talabani avait exprimé la reconnaissance des Irakiens aux soldats britanniques.
"Mes quelques mots ne peuvent suffire à exprimer la dette immense et la gratitude de la population irakienne envers ces hommes et femmes qui ont uni leurs efforts pour libérer l'Irak. L'occasion qui se présente dorénavant à nous d'établir un Irak nouveau et meilleur ne serait pas possible sans l'engagement et le sacrifice des militaires britanniques", a-t-il déclaré.
Dans son prêche, l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a estimé à ce propos que les responsables politiques n'avaient pas réussi à "prendre toute la mesure" du coût de la guerre en Irak.
"De nombreuses personnes de ma génération, tout comme des plus jeunes, ont grandi en se demandant si nous reverrions jamais un autre conflit international avec une armée combattant à l'aide d'armes conventionnelles", a déclaré Mgr Williams, chef spirituel de l'Eglise anglicane.
"Nous avions oublié le coût que représente un conflit traditionnel et quand ce genre de conflit a refait son apparition, certains décideurs et commentateurs en ont parlé sans réellement prendre toute la mesure du prix à payer", a-t-il poursuivi.
Le service religieux, auquel participait également l'actuel Premier ministre britannique Gordon Brown, a eu lieu quelques mois après le retrait, fin juillet, des soldats britanniques encore stationnés en Irak, après six ans de présence militaire.
Londres avait engagé jusqu'à 46.000 militaires en 2003. Ils n'étaient plus qu'environ 4.000 avant le retrait final.
(©AFP / 09 octobre 2009 19h10)