Irak: Primaires chez les sadristes pour les législatives de janvier
BAGDAD - Rompant avec un demi-siècle de dictature, un des principaux partis chiites irakiens a appelé vendredi ses sympathisants à choisir ses candidats pour les troisièmes élections législatives libres depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.
Des centaines de personnes se pressaient vendredi matin dans les permanences du mouvement du chef radical chiite Moqtada Sadr à Bagdad pour départager les concurrents.
Cette formation se présente au sein d'une large alliance chiite dénommée Alliance nationale irakienne (ANI), face notamment à la Coalition de l'Etat de droit du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Ces primaires sont organisées dans tout le pays, à l'exception du Kurdistan, et des province d'Al-Anbar et Ninive, à majorité sunnite, dans 350 centres de vote, dont 120 à Bagdad, a indiqué à l'AFP le porte-parole du mouvement Salah al-Obeidi, basé à Najaf, au sud de Bagdad. Il s'agit de mosquées ou de permanences du mouvement.
"Près de 650 postulants sont en lice, dont la moitié à Bagdad. Leur nom est inscrit sur un panneau d'affichage et chacun possède un numéro. Les électeurs doivent en choisir un seul", a-t-il précisé.
Dans leur fief, à Sadr City, un quartier pauvre de la capitale, les neuf bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (05H00 GMT).
"Nous sommes venus participer au scrutin, conformément à la demande Moqtada Sadr, afin de choisir nos représentants pour l'avenir. Nous espérons qu'ils seront en mesure de nous offrir les services de base et que la situation s'améliorera", a indiqué à l'AFP Saad Jaddoua Hussein, un ouvrier de 33 ans.
Dans cette permanence du mouvement, chaque électeur vérifie que son nom figure dans les registres, avant de se rendre dans l'isoloir. Puis il trempe son doigt dans de l'encre pour prouver qu'il a voté.
Selon Alaa al-Anbari, porte-parole de la commission électorale du mouvement pour le nord de Bagdad, "l'âge minimum pour voter est de 15 ans" lors de ces primaires, entourées de "mesures de sécurité strictes mises en place par les ministères de la Défense et de l'Intérieur".
"Un premier décompte sera fait dans les bureaux de vote et sera envoyé à une commission électorale" du mouvement, a-t-il expliqué à l'AFP.
Les 30 députés sortants du mouvement sadriste "ne participent pas aux primaires", a précisé M. Anbari. "Le nombre final des candidats n'est pas encore connu. Certains des députés sortants et les vainqueurs de ces primaires seront candidats" aux législatives de janvier, a-t-il dit.
Six ans après la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein, le mouvement sadriste est le seul à organiser des primaires.
Issu d'une famille d'éminents dirigeants religieux, Moqtada Sadr réside depuis près de deux ans en Iran où il poursuit des études de théologie.
(©AFP / 16 octobre 2009 12h23)