La France expulse mardi 16 Afghans par charter affrété avec Londres
PARIS - La France doit expulser mardi vers leur pays 16 clandestins afghans, qui embarqueront à bord d'un avion charter affrété avec la Grande-Bretagne, un projet qui avait provoqué l'indignation des défenseurs des migrants et de plusieurs partis politiques.
La Cimade, association humanitaire présente dans les centres de rétention en France, avait alerté lundi sur le départ programmé d'un charter franco-britannique qui embarquerait une quinzaine de clandestins afghans près de Lille (nord).
Une source policière a confirmé à l'AFP mardi que seize Afghans en situation irrégulière et faisant l'objet d'une reconduite dans leur pays devaient bien embarquer "à bord d'un avion mardi soir vers 23h00", encadrés par "huit policiers français".
Cette source a affirmé que ces immigrés seraient embarqués à l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle.
Une autre source proche du dossier a confirmé qu'un "avion au départ de l'Angleterre passera par Lille puis Roissy vers 22h00-23h00 en direction de l'Afghanistan", sans autre précision.
Il y aurait actuellement en France une cinquantaine de ressortissants afghans placés en rétention à travers tout le territoire.
Début octobre, le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, avait affirmé que Paris entendait bien affréter avec Londres des vols charters pour renvoyer de force dans leur pays des immigrés clandestins, et notamment afghans, à condition que leur sécurité ne soit pas menacée dans leur pays.
Ce projet de renvoyer dans leur pays des clandestins afghans avait provoqué, début octobre, la colère de très nombreuses organisations qui avaient jugé "inacceptable de renvoyer (dans un pays en guerre) ceux qui s'en sont enfuis à la recherche d'une protection en Europe".
Le parti socialiste avait jugé ce projet "scandaleux" et le parti écologiste, les Verts, avait estimé que Paris et Londres franchissaient "une limite très inquiétante" avec une "stratégie immorale".
Le projet de vols groupés de migrants afghans a été lancé après le démantèlement très médiatisé, le 22 septembre, du plus vaste campement sauvage du littoral français à Calais (nord). Celui-ci avait compté jusqu'à 800 migrants, essentiellement afghans, qui tentaient de gagner clandestinement l'Angleterre.
(©AFP / 20 octobre 2009 12h32)