Installation mercredi de la nouvelle mission sur les pêches profondes
PARIS - Un nouveau groupe de travail sur l'avenir des pêches en eaux profondes, présidé par le député-maire UMP de Pornic Philippe Boënnec, sera mis en place mercredi après-midi, un mois et demi après la démission de Louis Le Pensec, qui présidait une première mission sur le sujet.
L'ancien ministre socialiste de la Pêche avait démissionné, fin août, estimant que la France avait déjà arrêté sa position en faveur de "l'arrêt des pêches profondes" et que sa mission n'avait donc "plus lieu d'être".
A sa suite, les représentants du Comité national des pêches avaient également suspendu leur participation à cette mission.
M. Le Pensec dénonçait la nomination de Claire Nouvian, "ardente avocate de la cessation de cette activité" à la tête d'une mission de "sensibilisation de nos partenaires européens et étrangers pour faire avancer cette interdiction".
Interrogé par l'AFP, M. Boënnec a précisé: "Il faut être clair. On ne m'a pas donné la conclusion avant de commencer la mission". Elle devrait s'achever avant le printemps.
Les pêcheurs vont participer à la nouvelle mission, a annoncé Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches.
Il a expliqué à l'AFP que la position française avait été "clarifiée" puisque le sujet n'a pas été défendu par le président de la République à l'ONU en septembre.
La technique du chalutage en eau profonde (plus de 400 m) est accusée par les défenseurs de l'environnement de dilapider la diversité de la vie sous-marine. Sont recherchés des poissons tels que le grenadier, l'empereur, la lingue, la baudroie.
En France, elle concerne moins de dix grands bâtiments (plus de 50 m) et une trentaine de bateaux disposant de permis spéciaux.
Plus généralement, les pêcheurs craignent que ce soit "la pêche chalutière toute entière qui soit remise en cause", estimant que les ONG environnementalistes "veulent venir à une interdiction du chalutage".
(©AFP / 20 octobre 2009 18h06)