Climat: les ONG inquiètes d'une "cannibalisation" de l'aide aux plus pauvres
LONDRES - Oxfam et plusieurs ONG internationales se sont dites inquiètes mardi d'une "cannibalisation" par l'Union européenne de l'aide aux pays pauvres pour les aider à combattre le changement climatique, après l'échec d'une réunion des ministres des Finances européens à Luxembourg.
Les ministres des Finances de l'UE ne sont pas parvenus mardi à s'entendre sur la répartition de l'effort financier destiné à aider les pays pauvres à affronter le changement climatique et ont renvoyé toutes les décisions à l'arbitrage des chefs d'Etat et de gouvernement qui se réunissent la semaine prochaine à Bruxelles.
Elise Ford, responsable du bureau européen d'Oxfam, a souligné que "l'Europe ne devait pas cannibaliser les budgets d'aide au développement pour atteindre ses objectifs sur le changement climatique", selon un communiqué reçu à Londres.
"Les leaders européens doivent mettre de l'argent sur la table dès maintenant", a-t-elle insisté.
Les ONG estiment que faute de nouvelles promesses financières, les pays européens "risquent de saborder un accord sur la lutte contre le changement climatique" lors du sommet de Copenhague de décembre et "d'infliger un coup à la lutte contre la pauvreté".
Le gouvernement britannique notamment a proposé d'accorder des financements spécifiques pour l'adaptation des pays pauvres au changement climatique en plus de l'aide au développement. Mais sa proposition de limiter à 10% la proportion de l'aide globale devant être utilisée pour le climat n'a pas été soutenue à Bruxelles, soulignent les ONG.
"L'UE doit agir maintenant. Sans nouveaux financements pour l'adaptation au changement climatique, ceux qui sont atteints le plus durement, comme les fermiers les plus pauvres du Sud, devront faire face seuls à une crise qu'ils n'ont pas causé", a souligné Laura Sullivan, une responsable de l'ONG ActionAid.
L'association Aprodev, qui coordonne l'action des ONG en Europe, est aussi signataire de cet appel.
La Commission européenne a chiffré les besoins des plus pauvres à 100 milliards d'euros par an jusqu'en 2020.
(©AFP / 20 octobre 2009 20h09)