Irak: deux jours pour fixer les règles du scrutin
BAGDAD - La commission électorale a demandé dimanche au Parlement de fixer immédiatement le mode de scrutin afin de permettre la tenue des élections générales comme prévu le 16 janvier.
"Il y a un calendrier à respecter et nous entrons dans une période critique. Si le Parlement ne peut pas approuver la totalité de la loi électorale, il doit au moins se prononcer aujourd'hui (dimanche) ou demain (lundi) sur les modalités du scrutin", a affirmé à l'AFP Qassem al-Abboudi un haut responsable de la commission électorale.
Selon lui, les députés doivent se prononcer sur le nombre de sièges à pourvoir, les quotas pour les femmes et les minorités, le nombre de circonscriptions et s'il s'agit d'un scrutin avec des listes ouvertes ou fermées.
Le Parlement doit décider s'il veut faire passer son nombre de sièges de 275 à 311 pour s'ajuster à la Constitution qui prévoit un député pour 100.000 habitants. Il doit aussi trancher la question de savoir si les listes seront bloquées ou si les électeurs pourront panacher avec des candidats indépendants, comme le demande le guide spirituel de la communauté chiite, le Grand Ayatollah Ali al-Sistani.
"Le temps presse et sans ces informations les élections sont en danger. La question de Kirkouk peut être tranchée par les députés ultérieurement, a-t-il ajouté.
C'est la région pétrolière de Kirkouk, où vivent Kurdes, Arabes et Turcomans, qui constitue la pomme de discorde. La situation est bloquée en dépit des pressions exercées par les Etats-Unis, les Nations unies et le Premier ministre Nouri al-Maliki.
Les Kurdes exigent d'être majoritaires dans les instances dirigeantes de la Kirkouk (quelque 900.000 habitants), qu'ils veulent annexer à leur région autonome. Les Arabes et les Turcomans accusent les Kurdes de s'y installer en masse pour modifier l'équilibre démographique.
Le vote de la loi électorale n'était pas inscrit à l'ordre du jour de dimanche du Parlement qui a en revanche approuvé le relèvement des pensions des retraités, une catégorie importante d'électeurs que les députés ne peuvent ignorer à dix semaines de la date prévue pour le scrutin.
"Le vote (sur les élections) ne figurait pas à l'ordre du jour car il n'y a pas d'accord entre les différents groupes. Il y a plusieurs propositions de la part de présidence du Parlement (...) et j'espère qu'en les mettant ensemble, un cadre acceptable pourra être trouvé", a déclaré à l'AFP le député kurde Mahmoud Othman.
Pour leur part, les partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr ont vu dans le retard du vote de la loi la "main de l'étranger". "Si les partis politiques veulent prouver le contraire, alors ils doivent se decider rapidement car l'aiguille tourne", a déclaré leur porte parole Salah al-Obeidi.
"Il ne faut pas retarder les élections car cela viole la constitution", a-t-il ajouté.
(©AFP / 01 novembre 2009 12h27)