Pollution de l'étang de Berre: les élus demandent l'arrêt des rejets d'EDF
MARSEILLE - Les élus du pourtour de l'étang de Berre (Bouches-du-Rhône) ont demandé mardi, cinq ans après la condamnation de la France par Bruxelles, l'arrêt total des rejets d'eau douce de la centrale EDF de Saint-Chamas, préconisant leur dérivation vers le Rhône.
L'expérimentation mise en place par l'Etat "n'a strictement servi à rien", a déclaré à la presse Serge Andréoni, président du Groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre (Gipreb) et maire de Berre-l'Etang, à l'issue d'une réunion avec des représentants de la Commission européenne.
Après sa condamnation en octobre 2004 par la Cour européenne de justice pour ne pas avoir adopté des mesures appropriées pour lutter contre la "pollution massive et prolongée de l'étang de Berre", la France a réduit le quota des rejets annuels accordé à EDF.
Ceux-ci s'élèvent à 1,2 milliards de mètres cube, contre 2,1 milliards auparavant, tout en évitant les déversements brutaux, une solution dite du "lissage".
"Nous avons demandé à la Commission européenne de poursuivre le contentieux juridique" qui l'oppose à l'Etat français, a indiqué M. Andréoni.
"Seul l'arrêt irréversible" des rejets d'eau douce effectués par la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas "est susceptible de redonner vie à l'étang de Berre", selon le Gipreb qui prône une "dérivation des rejets vers le Rhône comme seule alternative viable. Un projet dont le coût est estimé à 1,5 milliard d'euros.
(©AFP / 03 novembre 2009 19h37)