Les Européens appellent les Etats-Unis à agir contre le réchauffement
WASHINGTON - Plusieurs dirigeants européens, Angela Merkel en tête, ont appelé mardi les Etats-Unis à agir sans attendre contre le réchauffement climatique, à un mois de la conférence cruciale de Copenhague.
"Je suis de ravie de voir que le président Obama et vous, dans votre travail quotidien, considérez la protection de notre climat comme une tâche très importante. Nous savons tous qu'il n'y a pas de temps à perdre", a déclaré la chancelière allemande devant les deux chambres du Congrès réunies en séance commune.
"Il faut un accord à la conférence de Copenhague en décembre sur un objectif: le réchauffement climatique ne doit pas excéder 2 degrés. Pour cela, il faut que tous les pays soient prêts à accepter des obligations internationales", a-t-elle estimé devant les parlementaires américains qui sont en plein débat sur une loi visant à réduire les gaz à effets de serre.
"Je suis convaincue qu'une fois que nous, l'Europe et l'Amérique, nous montrons prêts à accepter des engagements, nous allons aussi persuader la Chine et l'Inde de nous rejoindre", a-t-elle ajouté.
Un peu plus tôt, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, également en visite à Washington pour un sommet UE-USA, s'était dit inquiet du rythme des négociations internationales sur le climat, affirmant que la conférence de Copenhague ne déboucherait pas sur un nouveau traité à part entière.
"Ce que nous demandons, c'est que les Etats-Unis fassent preuve d'un rôle dirigeant sur ce sujet tellement important", a-t-il dit.
Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui exerce la présidence tournante de l'UE, a appelé Washington à accepter au minimum à Copenhague des objectifs de baisse des émissions polluantes et d'aide aux pays en développement.
"Nous voulons un accord complet à Copenhague quitte à travailler ensuite sur les détails", a-t-il dit.
Du côté du Congrès, le travail pour forger une loi limitant les émissions de gaz carbonique de l'un des premiers pollueurs mondiaux était au ralenti au Sénat, boudé par l'opposition républicaine.
Les républicains de la commission de l'Environnement du Sénat ont pratiqué la politique de la chaise vide, protestant contre le projet de loi démocrate sur le climat, examiné lors d'une toute première séance de travail.
Interrogé par la presse sur le discours de la chancelière, le sénateur James Inhofe, principal artisan du blocage républicain, a répondu que le discours de Mme Merkel n'aurait "en aucun cas" d'influence sur le travail du Sénat.
Lors du discours de Mme Merkel, seuls les démocrates ont applaudi les propos de la dirigeante allemande sur le climat.
Le projet de loi du Sénat est un texte légèrement plus ambitieux que celui voté à la Chambre des représentants en juin. Les sénateurs affichent un objectif de réduction des gaz à effets de serre de 20% en 2020, contre 17% pour la Chambre, par rapport au niveau de 2005. Les deux plans instaureraient un système de marché de droits d'émission ("cap and trade").
Le plan démocrate est contesté par l'opposition qui estime notamment qu'il ne fait pas assez de place à l'énergie nucléaire.
La communauté internationale doit sceller en décembre à Copenhague un nouvel accord de lutte contre le changement climatique qui doit entrer en vigueur en 2013 après l'expiration du protocole de Kyoto.
(©AFP / 03 novembre 2009 21h09)