Berlin "regrette" la décision de General Motors de conserver Opel
FRANCFORT (Allemagne) - Le gouvernement allemand, qui avait soutenu à bout de bras une reprise d'Opel par Magna a "regretté" mercredi la décision de General Motors de conserver ses activités européennes dans son giron.
"Le gouvernemet fédéral regrette la décision du conseil d'administration de General Motors", a déclaré Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement, dans un communiqué.
Le constructeur américain a annoncé mardi qu'il avait décidé de ne plus vendre sa marque Opel au Canadien Magna, en raison d'un "environnement devenu plus favorable", et qu'il tenterait plutôt de la restructurer.
Berlin, qui s'était fortement impliqué dans la tentative de rachat d'Opel, et avait désigné Magna comme son candidat favori, attend désormais de GM qu'il "renforce la performance de l'entreprise Opel" et qu'il "limite les adaptations inévitables au strict minimum".
Le gouvernement souhaite également que GM "rembourse selon les conditions contractuelles les 1,5 milliards de crédit" accordés par la puissance publique pour assurer les besoins de financement temporaires d'Opel, poursuit le communiqué.
"Avec cette décision, un processus d'investissement qui a été mené intensivement par toutes les parties, dont GM, pendant plus de six mois, est rompu", déplore le gouvernement.
La question d'Opel sera abordée, à la demande de la chancelière Angela Merkel, lors du conseil des ministres mercredi, ajoute-t-il.
L'annonce de General Motors est intervenue le jour même d'une visite aux Etats-Unis de la chancelière, qui s'était personnellement engagée en faveur de la cession d'Opel à Magna.
La décision a également provoqué la colère du chef du gouvernement régional de Hesse, où se situe où se trouve l'usine Opel de Rüsselsheim (ouest). "Je suis consterné et en même temps énervé, que les mois d'efforts pour trouver la meilleure solution possible Opel, aient échoué à cause de General Motors", a-t-il déclaré.
"En raison des mauvaises expériences des dernières années avec la politique d'entreprise de GM, je me fais beaucoup de souci pour l'avenir de l'entreprise et de ses salariés, a-t-il ajouté.
Le responsable du comité d'entreprise de l'usine de Bochum (ouest), Reiner Einenkel, a également fait part de son inquiétude, qualifiant la situation de "difficile pour les salariés".
"GM a besoin d'argent pour continuer les activités d'Opel et nous veillerons à ce que le gouvernement donne les moyens pour que les sites d'Opel soient préservés", a-t-il déclaré à l'AFP.
(©AFP / 04 novembre 2009 01h39)