Scandale de corruption en Indonésie: démission d'un haut policier, le président veut sévir
JAKARTA - Un haut responsable de la police indonésienne a démissionné jeudi dans le cadre d'un retentissant scandale de corruption, qui a poussé le président de la République à promettre "l'éradication de la mafia judiciaire".
Le chef des services d'enquête de la police nationale, Susno Duadji, a proposé sa démission, qui a été acceptée, a indiqué le porte-parole de la police, Nanan Soekarna.
Un haut responsable de la justice, le vice-procureur général Abdul Hakim Ritonga, devrait également démissionner, selon son service.
Ces deux hommes sont au coeur du scandale qui secoue Jakarta depuis plusieurs semaines. Ils sont soupçonnés d'avoir organisé une "machination" pour impliquer deux vice-présidents de la Commission d'éradication de la corruption (KPK) dans une affaire de malversation, dans le but de décrédibiliser cette institution.
Ces derniers, Chandra Hamzah et Bibit Samad Riyanto, ont été écroués la semaine dernière, provoquant un tollé dans l'opinion et la presse, avant d'être libérés mardi.
Sous une pression grandissante, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono est intervenu jeudi pour éviter de ternir le début de son second quinquennat, entamé fin octobre.
Le président, qui cherche à conserver son image d'homme honnête, a affirmé que "l'une des priorités du programme des 100 premiers jours" de ce mandat serait "d'éradiquer la mafia judiciaire". Cette dernière "met à mal le sens de la justice et affecte ceux qui en sont victimes", a-t-il ajouté, sans toutefois préciser quelles actions son gouvernement entendait entreprendre.
Les experts estiment que les deux départs de jeudi devraient en effet s'avérer insuffisants pour calmer la situation, alors que 860.000 personnes ont signé un appel lancé sur Facebook pour exiger des explications et soutenir la Commission anti-corruption, qui a fait condamner plusieurs politiciens et hommes d'affaires ces dernières années. "Cela ne suffira pas. Le chef de la police et le procureur général doivent aussi démissionner", a estimé Arbi Sanit, professeur de politique à l'Université d'Indonésie.
Les experts appellent à une réforme en profondeur de la police et de la justice, deux des institutions considérées comme extrêmement corrompues.
(©AFP / 05 novembre 2009 11h45)