Obama, dernier de la classe sur le climat, selon Greenpeace
PARIS - Obama en queue de peloton, les leaders chinois et indien plutôt bien placés, Brown le moins mauvais en Europe et Sarkozy à la traîne: Greenpeace publie jeudi un classement des principaux chefs d'Etat sur le climat à 40 jours de la conférence de Copenhague.
Ce classement met en lumière le décalage entre "les beaux discours" de ces 11 chefs d'Etat et la réalité de leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique, souligne l'ONG verte.
Le président chinois Hu Jintao crée cependant la surprise en décrochant la seconde place derrière le Premier ministre de Tuvalu (archipel du Pacifique).
"La Chine fait de gros efforts en faveur de Copenhague. Au cours des dernières années, Pékin a développé de manière spectaculaire les renouvelables et l'efficacité énergétique", fait valoir Greenpeace.
De même, le Premier ministre indien Manmohan Singh "est prêt à engager son pays sur une réduction significative de la croissance de ses émissions de gaz à effet de serre", ajoute l'organisation.
"Les pays en développement font nettement plus d'efforts pour tenter de résoudre cette crise, tandis que les pays industrialisés semblent passer plus de temps à expliquer qu'on a peu de chances d'obtenir un accord que de travailler en ce sens", estime Ailun Yang de Greenpeace Chine.
L'administration Obama décroche le bonnet d'âne de ce classement: "le pire est sans doute le fait que le Président Obama tente par tous les moyens d'affaiblir un accord international, en montrant du doigt les pays énergents pour masquer ses propres insuffisances", selon Damon Moglen, de Greenpeace Etats-Unis.
Aucun leader européen ne décroche une note au dessus de la moyenne, Gordon Brown au Royaume-Uni est le moins mauvais mais "ses ambitions pour Copenhague restent très modestes".
Greeneace épingle Nicolas Sarkozy pour "son obstination à ne pas chiffrer le soutien financier de la France aux pays en développement (...) et une politique énérgétique verrouillée par le nucléaire".
"Si le Président français est le seul à pouvoir sauver Copenhague - dixit son ministre de l'Environnement - il a encore d'énormes progrès à faire pour être crédible", selon Karine Gavand, de Greenpeace France.
Tuvalu, menacé par la montée des eaux, est en tête du classement. Si Copenhague n'est pas assez ambitieux, ses neuf îles seront inhabitables d'ici 2050 et ses 12.000 habitants deviendront des réfugiés climatiques.
Classement mis en scène sous forme d'un jeu de fléchettes interactif disponible sur http://www.greenpeace.fr/copenhague/leader-ou-loser
(©AFP / 05 novembre 2009 11h47)