Tunisie: libération des dirigeants du mouvement social de Gafsa
TUNIS - Un groupe de syndicalistes tunisiens de la région minière de Gafsa (sud-ouest), a été libéré dans le cadre d'une grâce présidentielle, après plusieurs mois de prison, a-t-on appris jeudi auprès de la centrale syndicale.
"Les détenus du bassin minier ont été libérés à la suite d'une grâce présidentielle", a indiqué à l'AFP Ali Romdhane, dirigeant de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale unique).
Parmi les prisonniers élargis figure Adnane Hajji, porte-parole du mouvement de protestation sociale de Gafsa.
Des associations de défense des droits de l'Homme avaient annoncé la libération attendue dans le cadre de la célébration samedi prochain du 22ème anniversaire de l'accession au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali.
Cette libération avait été réclamée par des dirigeants de l'opposition, dont Ahmed Brahim, candidat à la présidentielle remportée par M. Ben Ali avec 89,62% des voix le 25 octobre dernier.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, son parti Ettajdid (légal) s'est félicité de l'élargissement des syndicalistes tout en réclamant l'arrêt des poursuites engagées contre "certains journalistes, étudiants et défenseurs des droits de l'Homme".
La mesure de grâce et le nombre des détenus libérés devraient être confirmés de source gouvernementale.
Au moins trente-huit syndicalistes ont été condamnés en février 2009 à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme, à la suite de manifestations qui ont secoué la région minière de Gafsa (sud-ouest) en 2008.
Le mouvement avait été déclenché par la manipulation d'un concours d'embauche à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région.
Des manifestations dénonçant la cherté de la vie, le chômage, la corruption et le népotisme avaient dégénéré en émeute matée par l'armée, après la mort par balles d'un manifestant le 6 juin 2008 à Redeyef, principale localité minière.
Les meneurs ont été arrêtés et jugés pour "manifestations portant atteinte à l'ordre public, lors desquelles des jets de pierres, des cocktails Molotov étaient lancés contre les forces de l'ordre".
Destitué de ses fonctions syndicales, le porte-parole du mouvement Adnane Hajji a été ensuite réhabilité par la centrale syndicale qui a fait de la libération de son groupe une de ses principales revendications.
Trente-quatre accusés avaient été condamnés en février et quatre autres étaient jugés par contumace, dont Mohieddine Cherbib, animateur d'un comité de soutien des habitants de Gafsa en France, et Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne dissidente Al-Hiwar.
(©AFP / 05 novembre 2009 13h57)