La compétition pour le rachat d'Areva T&D dans sa dernière ligne droite
PARIS - La comptétition pour le rachat de la division Transmission et Distribution (T&D) du groupe nucléaire Areva a gagné en intensité ces dernières semaines, à l'approche de la date limite pour le dépôt des offres fermes de rachat, fixé à lundi en fin d'après-midi.
Alors que les groupes candidats au rachat s'écharpent par presse interposée, les salariés d'Areva sont montés au créneau pour dénoncer la cession, décidée à contre-coeur fin juin.
Opposée à la vente de cette division, la présidente du groupe Anne Lauvergeon avait fini par s'y résoudre fin juin en échange d'une ouverture du capital d'Areva, actuellement détenu à plus de 97% par l'Etat.
Ces opérations sont destinées à fournir au géant du nucléaire civil les 8 à 10 milliards d'euros nécessaires à son développement dans les trois prochaines années.
C'est le groupe américain General Electric (GE) qui a mené la première opération de séduction en annonçant vouloir choisir "la France comme siège mondial de l'ensemble des activités T&D" en cas de succès de son offre.
Clara Gaymard, présidente de la filiale française du groupe, a ainsi affirmé une "volonté claire de préserver l'appareil de production" d'Areva T&D.
Mais l'alliance de General Electric avec le fonds d'investissement CVC a suscité les pics des candidats concurrents, le consortium Alstom-Schneider, qui y ont vu le signe d'une "offre financière".
"Quand on est la première entreprise industrielle mondiale (...), j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi il faut faire venir des fonds d'investissement (...) qui par définition ont une vision à court terme", a ainsi lâché Patrick Kron, PDG d'Alstom, au cours d'une conférence de presse.
Alstom et Schneider Electric affirment au contraire que leur offre est "100% industrielle, 100% long terme et 100% tournée vers le futur des collaborateurs de T&D".
Les deux groupes avancent en outre qu'Areva aurait tout à perdre à céder sa filiale à ses concurrents directs dans le nucléaire, à savoir General Electric et le japonais Toshiba (qui aurait déposé l'offre la plus élevée selon la presse).
La "candidature française" d'Alstom-Schneider est cependant celle qui suscite le plus d'inquiétudes chez les salariés, qui craignent un démantèlement de leur division. Les deux groupes ont en effet annoncé qu'Alstom récupèrerait les activités haute tension de T&D et Schneider les activités moyenne tension.
Dans un courrier adressé aux dirigeants d'Areva et rendu public mercredi, 41 des 60 vice-présidents (comité de direction élargi) ont estimé qu'un démantèlement d'Areva T&D aurait un "impact très négatif ou extrêmement négatif" sur l'avenir de la division.
Ils estiment qu'une cession des activités moyenne tension à Schneider "conduirait à une perte de marché, et au risque de cessions d'actifs ou de restructurations de sites industriels".
Selon un rapport du cabinet Secaphi-Alpha, commandé par le comité de groupe européen d'Areva, la cession ne serait d'ailleurs même plus nécessaire. Areva aurait réussi une série d'opérations financières qui le dispenseraient de vendre sa division T&D pour assurer ses besoins financiers.
Parmi ces opérations, le rapport cite la cession de titres financiers et de participations, l'augmentation de capital de 15% par entrée de nouveaux actionnaires et "l'émission d'un emprunt obligataire".
Le nom des candidats à la reprise devrait être publiée par Areva lundi soir. Il faudra en revanche attendre encore plusieurs semaines avant de connaître le nom du vainqueur, s'il y en a un.
AREVA
GENERAL ELECTRIC
ALSTOM
SCHNEIDER ELECTRIC
TOSHIBA
(©AFP / 07 novembre 2009 08h49)