Brown appelle le G20 à envisager une taxe sur les transactions
SAINT ANDREWS (Royaume-Uni) - Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé samedi les pays du G20 à envisager une taxe sur les transactions financières internationales, entre autres mesures possibles pour préserver la stabilité du système financier.
M. Brown a fait une visite qualifiée de "surprise" par son entourage, samedi à Saint Andrews, en Ecosse, où se déroule une réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20.
Le Premier ministre a estimé que le G20 devait "discuter d'un meilleur contrat social et économique qui reflète la responsabilité mondiale des institutions financières envers la société".
"Parmi les propositions figurent une prime d'assurance reflétant le risque systémique, la création d'un fonds, des dispositions sur le capital, ou une taxe sur les transactions financières internationales", a-t-il énuméré.
Ce dernier point est le plus révolutionnaire. Il s'apparente à la taxe proposée dans les années 70 par l'économiste James Tobin, qui n'a jamais vu le jour en raison de difficultés techniques supposées.
M. Brown a noté que, "quelles que soient les mesures envisagées, elles doivent répondre à quatre principes, notamment être "mondiales", en étant "appliquées par tous les centres financiers responsables, Etats-Unis, Europe, Asie, Moyen Orient et Suisse", ne pas causer de "distorsion", et "venir à l'appui de l'action déjà entreprise pour renforcer la stabilité du système financier international et de l'économie mondiale".
Enfin, toute contribution doit être "juste, mesurée, et permettre au système financier d'apporter sa nécessaire contribution à la future croissance économique".
"Je ne sous-estime en rien les problèmes pratiques et techniques énormes et difficiles qu'il faudra surmonter, mais je ne pense pas que ces difficultés devraient nous empêcher de réfléchir urgemment à ces questions", a-t-il conclu.
L'ONG Oxfam a aussitôt applaudi cette initiative. "Gordon Brown a signalé que les banques vont peut-être bientôt passer à la caisse" et "une taxe sur les banques serait une grande étape pour contribuer à réparer les dégâts causés par leur cupidité", a déclaré Max Lawson, un responsable de l'association.
"L'argent récolté par une taxe sur les transactions financières des banques pourrait faire une énorme différence pour les vies de millions de gens ordinaires", a-t-il ajouté.
(©AFP / 07 novembre 2009 12h29)