Le G20 patine sur le financement de la lutte contre le réchauffement
SAINT ANDREWS (Royaume-Uni) - Le G20-Finances pourrait s'achever samedi sans avancée concrète sur le financement de la lutte contre le changement climatique, un enjeu crucial pour l'avenir de la planète, à un mois de la conférence de Copenhague.
Alors que cette conférence organisée sous l'égide de l'ONU se tiendra du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise, le Royaume-Uni a appelé les grands argentiers du G20, réunis vendredi et samedi en Ecosse, à parvenir à s'entendre sur l'octroi de financements aux pays les plus pauvres, pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
L'Union européenne a chiffré à 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020 le surcoût de cette "révolution verte" pour les pays en développement, une somme qui serait financée en partie par ces Etats, mais aussi par des aides publiques des pays développés, et par les marchés de quotas de CO2.
Mais les pays membres de l'UE n'ont pas pris d'engagement ferme sur leur propre contribution à cette manne et n'ont pas expliqué comment ils comptaient réunir ces fonds.
Samedi matin, les chances de parvenir à des avancées au G20-Finances semblaient très minces. Plusieurs membres considèrent que cette enceinte n'est pas légitime pour trancher cette question, estimant qu'elle devait être négociée plus largement, entre tous les participants à la conférence de Copenhague, en même temps que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, toujours objet de vifs débats.
Les modalités du financement sont également très débattues. Alors que la crise financière a vidé les coffres de nombreux Etats, certains sont partisans de dégager de nouvelles ressources, en imposant par exemple des contributions spécifiques à certaines industries polluantes, comme le transport aérien et maritime, ce que d'autres refusent d'emblée.
"Je suis parfaitement conscient qu'il y a autour de cette table des points de vue différents" et que le climat va donner lieu à des "négociations difficiles", mais "il est impératif que nous puissions démontrer que nous avons fait de vrais progrès pour résoudre ce problème qui est maintenant très réel et urgent", a insisté samedi le ministre britannique des Finances Alistair Darling, avant la reprise des travaux du G20.
Plusieurs délégations de pays du G7 ont confirmé que les discussions étaient tendues. Une source française a laissé entendre que le communiqué final du G20-Finances pourrait ainsi ne pas contenir d'engagement précis sur le changement climatique.
Or le temps presse. A moins d'un mois de Copenhague, plusieurs ONG ont prévenu, que faute d'accord préalable sur le financement, la conférence sur le climat pourrait capoter.
"Si nous ne parvenons pas à nous entendre sur le financement, si nous ne nous entendons pas sur les contributions pour répondre à ce problème, ce sera beaucoup, beaucoup plus difficile d'obtenir un accord à Copenhague", a ajouté M. Darling.
(©AFP / 07 novembre 2009 12h34)