Climat: Obama a peu de temps pour amener la Chine et l'Inde à un accord
WASHINGTON - Le président américain Barack Obama devrait avoir à coeur de mettre à profit ses prochaines rencontres avec les dirigeants chinois et indien pour tenter de sauver un accord au sommet de Copenhague sur le climat, mais le temps est compté.
M. Obama entame dimanche sa première visite en Chine, très attendue. Une semaine plus tard, le Premier ministre indien Manmohan Singh effectuera à son tour une visite d'Etat à Washington, la première de la présidence Obama.
Les Etats-Unis ont également décidé de dépêcher dans ces deux pays leur secrétaire à l'Energie, Steven Chu, pour préparer le terrain avant le sommet de Copenhague, du 7 au 18 décembre.
Les trois pays les plus peuplés du monde ont promis d'agir contre le changement climatique, mais ils s'opposent sur le contenu de l'accord en préparation. Alors que la conférence internationale est censée déboucher sur un nouveau traité pour succéder au protocole de Kyoto, les espoirs se réduisent désormais à un accord de principe, dans le meilleur des cas.
La chancelière allemande Angela Merkel a menacé de boycotter le sommet si les trois puissances campent sur leurs positions.
"L'Union européenne a développé des positions claires de négociations. Nous attendons maintenant des contributions des Etats-Unis, de la Chine et de l'Inde", a-t-elle déclaré mardi.
M. Obama a radicalement changé de politique en matière de climat par rapport à l'intransigeance de son prédécesseur George W. Bush, mais comme les Européens, le Japon et les autres pays développés, il exige que l'Inde et la Chine agissent.
Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a exprimé mercredi l'espoir d'aboutir à un compromis.
"Si nous faisons tous un maximum d'efforts et réussissons à combiner le pragmatisme et les principes, je crois que nous pouvons obtenir des résultats forts à Copenhague", a-t-elle dit.
La Chine et l'Inde font valoir que les pays riches portent la responsabilité historique du changement climatique et que les pays en développement ne devraient donc pas être contraints de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, accusées d'être responsable du réchauffement.
Mais la Chine, qui se place désormais devant les Etats-Unis en termes d'émissions, et l'Inde, généralement classée quatrième, ne veulent pas passer pour les responsables d'une impasse à Copenhague.
Le président chinois Hu Jintao a annoncé en septembre devant les Nations unies que la Chine réduirait son intensité carbonique (la quantité de gaz à effet de serre émise par point de Produit intérieur brut). Quant à Manmohan Singh, il a promis que les émissions carboniques par habitant de l'Inde ne dépasseraient jamais celles des pays occidentaux.
Certains experts espèrent que la question du climat, au lieu de constituer un obstacle, servira de catalyseur au rapprochement des Etats-Unis avec l'Inde et la Chine.
Dans une étude récente, le groupe de réflexion Asia Society a proposé que les Etats-Unis et la Chine s'allient pour développer le stockage du carbone, une technologie encore peu développée consistant à stopper les émissions à la source, et qui pourrait créer des emplois "verts".
"Nous sommes à un moment charnière, à la fois dans la recherche de solutions au changement climatique et dans les relations sino-américaines", juge Orville Schell, de l'Asia Society. "Le principal catalyseur de cette relation viendra de notre capacité à coopérer ou non sur le changement climatique".
(©AFP / 15 novembre 2009 08h43)