Aval des Pays-Bas à un projet de capture et stockage sous-terrain de CO2
LA HAYE - Un projet limité de capture et stockage de CO2 dans un ancien gisement de gaz situé sous une ville des Pays-Bas, fortement contesté par les habitants, a reçu l'aval du gouvernement néerlandais, a annoncé celui-ci mercredi.
Le projet de la société pétrolière Shell débutera au plus tôt en 2012, à petite échelle, dans un champ gazier d'une capacité de 0,8 mégatonne à Barendrecht (ouest), a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Le projet prévoyait dans sa version initiale de stocker 9,8 mégatonnes de CO2 sous cette ville.
"Une évaluation sera faite" après "quelques années", selon la même source. "Si aucun problème ne s'est produit, l'autorisation sera examinée pour un deuxième champ, plus grand", d'une capacité de 9 mégatonnes, ajoute le gouvernement.
La commune de Barendrecht, les autorités provinciales et les habitants, inquiets d'éventuels risques d'explosion ou de mouvements des sols, se sont déclarés opposés au projet.
"La capture et le stockage de CO2 est nécessaire comme technologie de transition pour limiter le plus possible les dégâts climatiques", selon le gouvernement, qui estime que les Pays-Bas disposent d'une capacité de stockage de 800 mégatonnes sous terre et de 800 mégatonnes sous mer.
"Ceci permet de stocker 40 mégatonnes par an pendant 40 ans, ce qui correspond à 20% de nos émissions de CO2 actuelles par an", poursuit-il.
Un projet de stockage sous mer des groupes énergétiques EON et Electrabel, soutenu par la Commission européenne, sera mis en place aux Pays-Bas en 2015, selon le gouvernement.
La Haye veut qu'un deuxième projet de stockage sous terre soit également mis en place à cette date, "de préférence dans le nord" des Pays-Bas.
Le ministère de l'Environnement soutient le projet de Shell, qui va stocker dans le champ le CO2 rejeté par sa raffinerie dans le port de Rotterdam, à hauteur de 30 millions d'euros. Le coût total du projet de Shell n'a pas été communiqué.
(©AFP / 18 novembre 2009 17h07)