Assemblée: pour la 2e fois, le débat sur les textes socialistes a tourné court
PARIS - Pour la deuxième fois d'affilée en un peu plus d'un mois, le débat a tourné court jeudi à l'Assemblée nationale sur trois textes des députés socialistes, qui ont de nouveau quitté l'hémicycle pour protester contre "les manoeuvres" du gouvernement et de l'UMP.
Depuis la réforme constitutionnelle de juillet 2008, les groupes d'opposition ont théoriquement un droit d'initiative plus important qu'avant, leur permettant d'inscrire plus de textes dans leur "niches" (séances laissées à leur initiative).
Le Parti socialiste (PS) a donc eu droit à deux journées pour présenter des textes. Mais la séance du 15 octobre, sur la suppression du crédit-revolving, la rémunération des grands patrons et le référendum sur la poste, a vite tourné au psychodrame.
Les débats se sont déroulés face à des bancs UMP quasi vides. Le gouvernement a "réservé" (c'est-à-dire reporté) le vote non seulement sur les propositions de loi, comme c'était prévu, mais aussi sur les articles et les amendements pour éviter tout souci de majorité.
Même scénario jeudi pour l'examen de trois textes socialistes sur l'euthanasie, les fichiers de police et la concentration de la presse.
En colère, le groupe socialiste a boycotté l'essentiel, seuls ses rapporteurs restant en séance.
Le patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault s'est insurgé contre cette "mascarade" et accusé la majorité d'appliquer "toujours la même méthode: les droits de l'opposition sont mis sur le papier mais ne sont pas mis en pratique".
"Une fois de plus, la journée parlementaire réservée à l'opposition se traduit par un absentéisme massif de l'UMP", a-t-il relevé.
Solidaires, les autres députés de gauche ont eux aussi quitté l'hémicycle, le débat se poursuivant... entre députés UMP.
Le Parti radical de Gauche (PRG) a lié sa condamnation des pratiques de la majorité au texte sur l'euthanasie, en lançant: "Permettons à la Ve République de mourir dans la dignité !".
"Il ne s'agit pas d'interdire le débat" mais, "sur un sujet aussi capital" que l'euthanasie, "nous avons voulu que le vote s'exprime de façon solennelle", s'est défendue la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.
Jean Leonetti (UMP) a récusé l'accusation d'une atteinte au droit de l'opposition. "La preuve, a-t-il dit, c'est que les socialistes eux-mêmes sont plus de 100 à cosigner cette proposition de loi et une quarantaine dans l'hémicycle".
(©AFP / 19 novembre 2009 18h02)