Campagne Leclerc: les pharmaciens craignent une "banalisation" du médicament
PARIS - L'Ordre national des pharmaciens a réaffirmé vendredi son opposition à la vente de médicaments par les centres Leclerc, disant craindre avant tout une "banalisation" du médicament.
Michel-Edouard Leclerc, président des centres Leclerc, a annoncé vendredi le lancement d'une campagne publicitaire relançant son combat pour obtenir l'autorisation de vendre des médicaments non remboursés.
"Ce qui me paraît le plus dangereux, c'est la banalisation du médicament", a déclaré à l'AFP Jean-Charles Tellier, président des titulaires d'officines à l'Ordre des pharmaciens. "Un médicament n'est jamais anodin, prescrit ou pas prescrit", a-t-il souligné.
Jean-Charles Tellier a balayé l'argument du prix, estimant qu'il "n'engage que M. Leclerc".
"Argumenter sur le prix, ça veut dire ipso facto qu'on incite à la consommation", a-t-il estimé.
En ce qui concerne la présence de pharmaciens dans les parapharmacies Leclerc, M. Tellier a relevé qu'ils n'étaient pas inscrits à l'Ordre et "n'ont donc pas de code de déontologie à respecter".
M. Tellier a par ailleurs souligné que les officines "assurent un service jour et nuit".
La nouvelle campagne de l'enseigne Leclerc fait suite à un arrêt rendu en octobre par la Cour de Cassation qui avait considéré comme tout à fait légale une précédente campagne de Leclerc qui avait été attaquée par un groupement de pharmaciens.
La décision de la Cour de cassation ne met toutefois pas un point final à cette affaire, une procédure sur le fond étant engagée.
(©AFP / 20 novembre 2009 19h51)