A Marseille, le tri des déchets fait défaut depuis près d'un mois
MARSEILLE - Une partie du tri sélectif n'est plus assurée depuis fin octobre dans l'agglomération de Marseille, certains déchets étant acheminés à la décharge d'Entressen (Bouches-du-Rhône) et non vers des centres de tri, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.
"Tout le monde est grugé, y compris l'organisme Eco-Emballages" qui co-organise le tri avec la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), a dit à l'AFP un industriel du secteur.
"Ce n'est plus la peine, actuellement, de se fatiguer à trier ses déchets, car ils finissent tous au même endroit", a déclaré un élu socialiste local.
Les déchets concernés sont ceux que les ménages trient dans des poubelles séparées, de couleur jaune, quand ils en disposent. Ceux collectés dans des conteneurs collectifs (points d'apport volontaire) sont toujours triés, dont le verre.
La mairie UMP de Marseille a déploré que MPM, présidée par le PS, ne l'ait pas informée de la situation, en mettant en cause sa gestion.
La situation résulte du renouvellement récent d'un des marchés du tri des déchets. Les contrats des prestataires qui le partageaient jusqu'à présent, dont la société Sita, filiale de Suez, sont arrivés à échéance en juillet et en octobre.
Un premier appel d'offres lancé en début d'année était resté sans suite. Les délais nécessaires pour relancer une procédure expliquent que le service soit interrompu et que certains déchets soient transférés à Entressen, vaste décharge à ciel ouvert qui doit fermer en 2010 lors de la mise en service d'un incinérateur à Fos-sur-mer.
Selon MPM, ce décalage n'a "rien d'exceptionnel ou d'anormal". Les déchets non triés actuellement sont stockés pour l'être ultérieurement, dit la communauté urbaine.
Le nouveau marché est revenu à Sita, aux dépens d'un groupement de deux sociétés, Queyras Environnement et Bronzo dont la grève des éboueurs avait noyé Marseille sous les poubelles il y a trois semaines.
Selon des sources à MPM, Sita a été choisi car son offre était 30% moins chère, bien qu'elle ne dispose pas actuellement, au niveau local, des capacités de tri nécessaires. L'offre de Sita n'était "pas la meilleure d'un point de vue technique" mais "un gros écart de prix" a fait la différence, selon une source.
Sita a rétorqué qu'elle disposait bien de toutes les infrastructures de tri nécessaires. Son offre prévoit néanmoins des solutions provisoires pour les six premiers mois du contrat, dans l'attente de la construction d'une unité de tri de haute technologie sur son site des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône).
D'ici là, les déchets seront envoyés dans des centres de tri de Sita à Vedène (Vaucluse) et Narbonne (Aude), respectivement à 100 et 250 kilomètres de Marseille. Dans le cas de Narbonne, le refus de tri (part des déchets non recyclables dans la collecte sélective) reviendra ensuite dans les Bouches-du-Rhône. Interrogé sur le coût en carbone de ces transports routiers, Sita a assuré que son offre permettait un gain environnemental sur les quatre ans du contrat.
(©AFP / 25 novembre 2009 19h53)