Michel Barnier: le problème de Dubaï montre un besoin de gouvernance
PARIS - Le Commissaire européen désigné au marché intérieur et aux services financiers, le Français Michel Barnier, a estimé vendredi que les difficultés financières auxquelles est confronté Dubaï renforçaient le besoin de gouvernance dans le monde.
Ce problème à Dubaï "prouve que la crise n'est pas finie et peut revenir, cela renforce davantage encore l'obligation de mettre en oeuvre les décisions fortes qui ont été prises aux G20 de Londres et de Pittsburgh, le besoin de gouvernance, de contrôle et de transparence", a déclaré Michel Barnier lors d'une conférence de presse à Paris.
Dubaï a demandé un moratoire pour le remboursement d'une partie de sa dette, une décision qui a entraîné des baisses importantes des bourses dans le monde.
"Ma feuille de route, extrêmement claire, ce sera d'approfondir le marché intérieur (de l'UE) (...), d'utiliser tous les outils de ce marché" en faisant notamment davantage pour les petites et moyennes entreprises et les consommateurs, a aussi dit le nouveau Commissaire. "Ce qui m'intéresse c'est de faire plus de marché intérieur, pas moins". "Je vais travailler avec tous ces outils pour davantage de compétitivité, de croissance et d'emplois", a-t-il dit.
"Notre feuille de route, ce sera aussi les décisions du G20 en matière de gouvernance ou de régulation de l'économie mondiale", a-t-il ajouté.
L'attribution par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso du portefeuille des services financiers à un Français a suscité ces dernières semaines des réticences de la Grande-Bretagne et de la City de Londres. Mais la France insistait depuis des mois pour obtenir ce poste qu'elle juge crucial et qu'un Français n'a jamais occupé.
M. Barroso a longtemps hésité. Mais après une intervention du président français Nicolas Sarkozy, qui "a longuement téléphoné à M. Barroso", il a finalement accepté jeudi soir la demande française, selon un diplomate.
Interrogé sur ces réticences britanniques, M. Barnier a estimé que "cela fait partie du jeu". "En France, on ne s'est pas inquiété dans les années passées que le Commissaire au commerce soit britannique", a-t-il observé.
S'engageant à être "indépendant des intérêts privés et nationaux", il a promis d'"écouter et de travailler avec tout le monde". "Je n'ai pas besoin qu'on me convainque de l'importance de la place financière de Londres, de celles de Francfort ou de Paris, je n'ai pas besoin qu'on me convainque de l'importance de l'industrie financière pour le Royaume Uni", a-t-il dit.
Il a jugé que la Commission "Barroso II" était un "collège solide, indépendant et fort, nécessaire dans un moment grave" de crise.
(©AFP / 27 novembre 2009 17h26)