Climat: un "goût amer" à Copenhague pour le dirigeant de Tuvalu
COPENHAGUE - Le sommet climat de Copenhague laisse un "goût amer" au Premier ministre de Tuvalu, minuscule archipel au milieu du Pacifique sud qui s'estime laissé pour compte dans les négociations.
"Nous ne sommes pas contents de la façon dont les discussions sont conduites", a confié jeudi à l'AFP le Premier ministre, Apisai Ielemia. "Des accords à huis-clos ont été passés entre quelques pays sélectionnés. Ce n'est pas comme cela que l'ONU fonctionne".
"Cette réunion nous laissera un goût amer. Les vraies victimes du changement climatique n'ont pas été entendues ici".
L'archipel de 1.200 îles au ras des flots, qui abritent moins de 11.000 habitants, a poussé, avec une centaine de pays - dont la coalition des petits états insulaires et les pays les moins avancés - en faveur d'un accord permettant de limiter le réchauffement à 1,5°C supplémentaire par rapport aux niveaux pré-industriels.
Cependant, l'objectif visé par la conférence des Nations unies privilégie la limite de 2°C.
"Cette conférence concerne notre avenir", insiste M. Ielemia, prévenant qu'il ne transigera pas sur son objectif, qui lui seul protègerait son île des impacts les plus dévastateurs, dont la montée des océans.
"Nous avons subi une pression considérable pour accepter un accord fondé sur la limite des 2°C. Nous n'allons pas y céder, ce n'est pas négociable. Tuvalu ne changera pas de position".
"Nous n'avons nulle part où aller, nous aurons juste à subir quand les énormes cyclones nous frapperont. Nous n'avons aucune montagne sur laquelle nous réfugier".
(©AFP / 17 décembre 2009 15h49)