Thaïlande: 10.000 "chemises rouges" devant la maison d'un conseiller du roi
BANGKOK - Quelque 10.000 "chemises rouges" favorables à l'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra ont manifesté lundi devant le domicile d'un conseiller du roi, accusé de bénéficier de passe-droits, selon une estimation de la police.
Les manifestants affirment que la propriété de l'ex-Premier ministre Surayud Chulanont, dans la forêt de Khao Yai Tieng, à 200 kilomètres au nord-est de Bangkok, empiète sur un parc national protégé et qu'il doit la bienveillance de la justice à ses liens avec les élites de Bangkok.
"La maison de Surayud empiète sur la forêt", a affirmé un leader des "chemises rouges", Jatuporn Prompan, estimant que le département des Forêts avait "manqué à ses devoirs".
Un autre membre des "chemises rouges, Suporn Attawong, a estimé que Surayud avait échappé à toute sanction car il appartenait à l'establishment thaïlandais.
Cette manifestation était la première cette année des "chemises rouges", qui ont promis de lancer en janvier un vaste mouvement contre l'actuel gouvernement d'Abhisit Vejjajiva.
Thaksin, en exil après une condamnation pour malversations financières et qui a dirigé le pays entre 2001 et 2006, s'est adressé aux manifestants via une liaison vidéo.
"Nous sommes venus ici aujourd'hui car nous ne pouvons supporter les traitements injustes. Nous allons nous battre jusqu'à ce que la vérité éclate. Nous ne lâcherons pas tant qu'il n'y aura pas de justice dans cette société", a-t-il déclaré.
Selon la police, quelque 10.000 personnes ont participé à la manifestation, surveillée par environ 1.500 policiers.
Surayud avait pris la tête du gouvernement juste après le coup d'Etat qui avait renversé Thaksin et avait dû céder sa place après les élections de décembre 2007, remportées par les alliés de Thaksin.
Le pays reste profondément divisé entre les partisans de l'homme d'affaires, dont la base électorale est située parmi les couches rurales du nord et du nord-est du pays, et les "chemises jaunes", soutenues par les élites traditionnelles du palais royal, de l'armée et de la bureaucratie de Bangkok, qui le détestent.
La coalition au pouvoir est fragilisée par un nouveau scandale, avec la récente démission du ministre de la Santé et de son vice-ministre, dans une affaire de surfacturation d'équipements.
(©AFP / 11 janvier 2010 18h05)