Bisphénol A : résultat de nouvelles études "dans quelques semaines"
PARIS - La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a indiqué mardi qu'elle attendait le résultat de nouvelles études sur le bisphénol A (BPA) d'ici "quelques semaines" et qu'elle prendrait alors "les mesures de gestion qui conviennent".
Ce produit entre dans la composition de nombreux plastiques et est utilisé particulièrement dans la fabrication des biberons. Une étude de l'Inserm a fait état de risques tandis qu'une autre de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait conclu en 2008 à l'innocuité du produit.
En réponse à une question du député Olivier Jardé (Nouveau centre, Somme), Mme Bachelot a assuré que le BPA faisait "l'objet d'une surveillance tout à fait particulière" de la part des autorités sanitaires.
Elle a rappelé que l'agence sanitaire américaine, la FDA (Food and Drug administration), qui avait déclaré le BPA sans danger en 2008, avait conclu tout récemment, sur la foi d'études détectant des effets plus subtils, à "des effets potentiels sur le cerveau et sur la prostate des bébés et des foetus".
"C'est un signal d'alerte dont il faut tenir compte", a dit la ministre.
L'an dernier, il avait été demandé à l'Afssa de reprendre ses travaux sur le BPA et une "expertise collective" avait été commandée à l'Inserm.
Selon Mme Bachelot, les résultats des études et de l'expertise devraient être obtenus "dans quelques semaines" et "les mesures de gestion qui conviennent" seront prises alors avec Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, et Valérie Pécresse, ministre de la Recherche.
Sur la foi de ces nouvelles études, la FDA a décidé de prendre des mesures de précaution et de soutenir l'initiative prise par les industriels américains de ne plus utiliser de BPA dans la fabrication des biberons et des récipients contenant les aliments pour bébés.
Le Canada a interdit le BPA depuis 2008 dans les biberons.
En France, le Réseau environnement-santé, qui rassemble des scientifiques, a lancé l'alarme sur ce produit depuis de nombreux mois, demandant à la ministre de reconsidérer un dossier fondé sur des études "obsolètes".
(©AFP / 26 janvier 2010 20h43)