Islande: Icesave et entrée dans l'UE sont des processus séparés
BRUXELLES - La Commission européenne a pris note dimanche du "non" massif des Islandais à l'impopulaire accord financier Icesave, mais souligné que l'accession du pays à l'UE relevait d'un "processus séparé".
"La Commission prend note des résultats du référendum. C'est un sujet sur lequel il revient aux Islandais de se prononcer", a indiqué une porte-parole de la Commission.
Interrogée sur d'éventuelles répercussions pour la candidature du pays à une entrée dans l'UE, la porte-parole a estimé que les négociations d'adhésion et le règlement de l'affaire Icesave "sont deux processus séparés".
"La Commission a déjà donné son feu vert (à l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE), maintenant c'est entre les mains des Etats membres", a-t-elle ajouté.
La Lettonie a elle aussi estimé que l'issue du référendum ne devait pas être un obstacle à l'entrée de l'Islande dans l'UE.
La victoire du non au référendum "ne devrait pas avoir d'influence directe sur les négociations d'adhésion de l'Islande à l'UE", a déclaré le ministre letton des Affaires étrangères Maris Riekstins.
"Les critères d'accession pour tous les pays candidats sont clairement définis et les divergences sur les questions bilatérales doivent être résolues dans un cadre bilatéral", a dit le ministre dont le pays entretient d'étroites relations avec l'Islande.
Quelque 230.000 électeurs étaient appelés à se prononcer samedi sur un accord organisant le remboursement d'ici 2024 par l'Islande de 3,9 milliards d'euros avancés par Londres et La Haye pour indemniser leurs citoyens lésés par la faillite en octobre 2008 de la banque en ligne islandaise Icesave.
Selon des résultats quasi-définitifs annoncés dimanche matin, l'accord a été rejeté à plus de 93%.
Le gouvernement islandais avait déjà tenté ces dernières semaines de trouver un nouvel accord avec les Britanniques et les Néerlandais, et il a fait savoir samedi soir qu'il comptait "continuer dans les prochains jours".
Selon les analystes, la principale conséquence d'un "non" sera de retarder le versement de prêts provenant du FMI et des pays nordiques. Mais certains n'ont pas exclu qu'il entrave la candidature de l'Islande à l'UE en donnant à Londres et La Haye un motif pour s'y opposer.
Reykjavik a dit dans le passé espérer entrer dans l'UE à l'horizon 2012. La Commission européenne lui a entrouvert la porte fin février, en recommandant l'ouverture de négociations en vue d'une adhésion à l'UE.
Le commissaire chargé de l'Elargissement, Stefan Fülen, avait déjà estimé à l'époque que l'affaire Icesave était une "question bilatérale" indépendante des négociations d'adhésion.
(©AFP / 07 mars 2010 21h36)