Washington réitère sa confiance à son équipe civile en Afghanistan
WASHINGTON - L'administration Obama a réitéré jeudi sa confiance à ses hauts représentants civils en Afghanistan, après des appels à remplacer ceux-ci dans la foulée du changement de commandement militaire.
L'ambassadeur à Kaboul, Karl Eikenberry, et l'émissaire Richard Holbrooke ont "toute la confiance" de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, a souligné le porte-parole du département d'Etat, Mark Toner.
Le président américain Barack Obama a démis mercredi le général Stanley McChrystal de ses fonctions de chef des troupes alliées en Afghanistan, en raison de ses critiques contre l'équipe présidentielle rapportées dans la presse. Il l'a remplacé par le général David Petraeus.
"Le président a dit très clairement hier qu'il fallait maintenant avancer et poursuivre le travail que nous avons à faire", a insisté M. Toner.
"La composante civile (de la présence américaine en Afghanistan) est à mon avis complètement dysfonctionnelle", avait asséné mercredi le sénateur Lindsey Graham: "Et si cela ne change pas rapidement, nous allons perdre une guerre que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre".
Jeudi, le sénateur John McCain, adversaire malheureux du président Obama à la présidentielle de 2008, a apporté son soutien à la nomination du général Petraeus. Mais "nous avons également besoin d'une nouvelle équipe là-bas, peut-être à l'ambassade et ailleurs", a-t-il déclaré de façon sibylline sur la chaîne ABC.
Tant M. Holbrooke que M. Eikenberry ont eu des relations difficiles avec le président afghan Hamid Karzaï.
Avant la réélection de M. Karzaï en 2009, Richard Holbrooke avait cherché de façon transparente à promouvoir des candidats alternatifs, censés mieux convenir à l'administration américaine.
M. Eikenberry a estimé de son côté que M. Karzaï ne constituait pas un partenaire convenable. Ce point de vue, exprimé dans un câble diplomatique, a fuité dans la presse en fin d'année dernière.
D'après certains observateurs, les critiques passées des deux hommes, contre la corruption notamment, les privent aujourd'hui de véritable poids face à M. Karzaï. Ce dernier entretenait au contraire d'excellentes relations avec le général McChrystal, dont il a publiquement regretté le départ.
"Obama a malheureusement fait une erreur en laissant Karzaï choisir son interlocuteur", a commenté à ce sujet Peter Galbraith, l'ancien n°2 de l'ONU en Afghanistan, dans un entretien au blog The Cable jeudi.
(©AFP / 24 juin 2010 20h35)